Séance plénière des
17 et 18 décembre 2007

Séance Budgétaire

 
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Budget primitif pour 2008
3ème Commission :
Recherche, transfert de technologie, enseignement supérieur.

44-07 : Innovation et Transfert de Technologie, Recherche, Enseignement Supérieur

Intervention de Philippe CARBIENER pour l'intergroupe PS/Verts
 

Monsieur le Président, chers collègues,

Ce budget est de ceux qui augmentent et se redéploient répondant, ainsi à une vraie priorité stratégique. Il ne nous faut cependant pas oublier que toutes les vérités scientifiques ne sont pas systématiquement éternelles. L’inventeur du funeste DDT a eu le Prix Nobel avant de voir son produit proscrit. Il a fallut des décennies pour que les découvertes de Pasteur soient acceptées et prises en compte.

C’est pourquoi nous regrettons, cette année encore, que ce budget ne soit toujours pas équilibré par son nécessaire pendant de conscience et de citoyenneté. Où serait le problème ? La puissante région Ile-de-France n’a pas craint, elle, de mettre en place des « Partenariats Institutions et Citoyens pour la Recherche et l’Innovation ». Ces programmes PICRI visent à permettre aux citoyens de définir des recommandations qualifiées qui nous seraient bien utiles. Il n’est un secret pour personne que certaines innovations sont diffusées alors qu’elles font l’objet de controverses ouvertes et que nous autres élus, nous ne pouvons les prendre en compte ni les relayer car nous sommes nous aussi incomplètement informés ; que les incertitudes sur l’intérêt et les conséquences des technologies sont importantes. Nous pensons avoir à gagner à collecter et à discuter des points de vue des simples citoyens, au-delà du cercle des experts habituels. Obtenir leur avis et déterminer le nôtre exige de se nourrir des informations les plus complètes possibles.

Il est une technique qui le permet, celle de la « conférence de citoyens », qui combine une formation préalable, une intervention active et un positionnement collectif, avec des citoyens qui étudient, interrogent, discutent entre eux, et puis finalement, avisent. Ce dispositif permet, selon de nombreuses expériences mondiales, d’obtenir des opinions qualifiés. C’est aussi, au sujet des questions de société, dont au premier chef, celles concernant la recherche, le moyen d’établir un nouveau lien démocratique. Lien fort utile ne serait-ce que parce qu’il contribuera lui-même à restaurer l’attractivité des disciplines scientifiques.

D’une manière plus générale, nous pensons de longue date que le développement de notre territoire ne peut pas se baser uniquement sur les hautes technologies, même s’il convient bien évidemment de continuer à couver celles qui s’y épanouissent.

Mais il a été démontré que des innovations à plus faible contenu technique, mais irriguant tout le tissu d’activité, en particulier industriel, génèrent en fait davantage encore de retombées économiques et de créations d’emplois.

Nous ne pouvons donc que saluer l’augmentation forte des crédits consacrée à l’innovation dans les entreprises (+14%), aux transferts de technologies (+11%) ainsi que l’extension des pôles de compétences au-delà des seuls pôles de compétitivité, et le fait aussi que le tout soit dûment adossé à des programmes européens. Dans la même optique, ces budgets sont évidemment à ne pas dissocier des aides à la recherche comprises dans les dispositifs PETRA ou GRAINE, inscrits au titre de la 2e commission.

Ces aspects nous paraissent très importants, nous insistons, car ils ne peuvent qu’aider à rattraper un des points faibles de l’Alsace, à savoir un taux de création d’entreprises dans le secteur industriel inférieur à la moyenne nationale (6.8 contre 8.3 d’après l’INSEE). Or ce sont les créations d’entreprises dans l’industrie qui s’avèrent à terme les plus fécondes en matière de créations d’emplois. Il s’agit donc de tout mettre en oeuvre pour les favoriser de manière prioritaire dans ce secteur. Cette orientation sera d’ailleurs valorisée par les critères d’éco-conditionnalité, dont on sait qu’ils feront normes, et nous savons que la capacité à établir des normes, permet d’établir de solides positions dans les marchés futurs.

Elle le sera aussi grâce à l’installation, pour laquelle nous avons toujours plaidée, d’acteurs locaux du capital risque, qui permettront de renforcer les subventions publiques tout en contribuant à les valider. Un dispositif de recherche sans pilotage politique assumé, c’est-à-dire sans qu’il y ait aussi une participation citoyenne et démocratique, prend toujours le risque du fourvoiement. L’histoire le démontre et l’immobilisme de la Région Alsace en ce domaine l’expose hélas. Cependant, le fort accent mis sur la diffusion de programme de recherche à différents niveaux technologiques stimulera toutes les forces vives du tissu économique alsacien, et cela nous paraît, nous l’avons exposé, un choix des plus pertinents.

C’est pour cette raison majeure que nous ne manquerons pas de voter pour le budget que vous nous présentez cette année.

Je vous remercie de votre attention.

Philippe CARBIENER