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Budget primitif pour 2008
3ème Commission :
Recherche, transfert de technologie, enseignement supérieur.
44-07 : Innovation et Transfert de Technologie,
Recherche, Enseignement Supérieur
Intervention de Philippe CARBIENER pour l'intergroupe PS/Verts
Monsieur
le Président, chers collègues,
Ce budget
est de ceux qui augmentent et se redéploient répondant, ainsi à une
vraie priorité stratégique. Il ne nous faut cependant pas oublier que
toutes les vérités scientifiques ne sont pas systématiquement
éternelles. L’inventeur du funeste DDT a eu le Prix Nobel avant de voir
son produit proscrit. Il a fallut des décennies pour que les découvertes
de Pasteur soient acceptées et prises en compte.
C’est
pourquoi nous regrettons, cette année encore, que ce budget ne soit
toujours pas équilibré par son nécessaire pendant de conscience et de
citoyenneté. Où serait le problème ? La puissante région Ile-de-France
n’a pas craint, elle, de mettre en place des « Partenariats Institutions
et Citoyens pour la Recherche et l’Innovation ». Ces programmes PICRI
visent à permettre aux citoyens de définir des recommandations
qualifiées qui nous seraient bien utiles. Il n’est un secret pour
personne que certaines innovations sont diffusées alors qu’elles font
l’objet de controverses ouvertes et que nous autres élus, nous ne
pouvons les prendre en compte ni les relayer car nous sommes nous aussi
incomplètement informés ; que les incertitudes sur l’intérêt et les
conséquences des technologies sont importantes. Nous pensons avoir à
gagner à collecter et à discuter des points de vue des simples citoyens,
au-delà du cercle des experts habituels. Obtenir leur avis et déterminer
le nôtre exige de se nourrir des informations les plus complètes
possibles.
Il est
une technique qui le permet, celle de la « conférence de citoyens », qui
combine une formation préalable, une intervention active et un
positionnement collectif, avec des citoyens qui étudient, interrogent,
discutent entre eux, et puis finalement, avisent. Ce dispositif permet,
selon de nombreuses expériences mondiales, d’obtenir des opinions
qualifiés. C’est aussi, au sujet des questions de société, dont au
premier chef, celles concernant la recherche, le moyen d’établir un
nouveau lien démocratique. Lien fort utile ne serait-ce que parce qu’il
contribuera lui-même à restaurer l’attractivité des disciplines
scientifiques.
D’une
manière plus générale, nous pensons de longue date que le développement
de notre territoire ne peut pas se baser uniquement sur les hautes
technologies, même s’il convient bien évidemment de continuer à couver
celles qui s’y épanouissent.
Mais il a
été démontré que des innovations à plus faible contenu technique, mais
irriguant tout le tissu d’activité, en particulier industriel, génèrent
en fait davantage encore de retombées économiques et de créations
d’emplois.
Nous ne
pouvons donc que saluer l’augmentation forte des crédits consacrée à
l’innovation dans les entreprises (+14%), aux transferts de technologies
(+11%) ainsi que l’extension des pôles de compétences au-delà des seuls
pôles de compétitivité, et le fait aussi que le tout soit dûment adossé
à des programmes européens. Dans la même optique, ces budgets sont
évidemment à ne pas dissocier des aides à la recherche comprises dans
les dispositifs PETRA ou GRAINE, inscrits au titre de la 2e commission.
Ces
aspects nous paraissent très importants, nous insistons, car ils ne
peuvent qu’aider à rattraper un des points faibles de l’Alsace, à savoir
un taux de création d’entreprises dans le secteur industriel inférieur à
la moyenne nationale (6.8 contre 8.3 d’après l’INSEE). Or ce sont les
créations d’entreprises dans l’industrie qui s’avèrent à terme les plus
fécondes en matière de créations d’emplois. Il s’agit donc de tout
mettre en oeuvre pour les favoriser de manière prioritaire dans ce
secteur. Cette orientation sera d’ailleurs valorisée par les critères d’éco-conditionnalité,
dont on sait qu’ils feront normes, et nous savons que la capacité à
établir des normes, permet d’établir de solides positions dans les
marchés futurs.
Elle le
sera aussi grâce à l’installation, pour laquelle nous avons toujours
plaidée, d’acteurs locaux du capital risque, qui permettront de
renforcer les subventions publiques tout en contribuant à les valider.
Un dispositif de recherche sans pilotage politique assumé, c’est-à-dire
sans qu’il y ait aussi une participation citoyenne et démocratique,
prend toujours le risque du fourvoiement. L’histoire le démontre et
l’immobilisme de la Région Alsace en ce domaine l’expose hélas.
Cependant, le fort accent mis sur la diffusion de programme de recherche
à différents niveaux technologiques stimulera toutes les forces vives du
tissu économique alsacien, et cela nous paraît, nous l’avons exposé, un
choix des plus pertinents.
C’est
pour cette raison majeure que nous ne manquerons pas de voter pour le
budget que vous nous présentez cette année.
Je vous
remercie de votre attention.
Philippe
CARBIENER
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