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Budget primitif pour 2008
4ème Commission :
Formation initiale, éducation et enseignement de la langue régionale
39-07 : Apprentissage
40-07 : Formation Sanitaires et Sociales
42-07 : Lycées (Hors opérations immobilières)
43-07 : Patrimoine Immobilier des lycées publics
Intervention de Jacques FERNIQUE pour l'intergroupe PS/Verts
Monsieur
le Président, chers collègues,
Vos
budgets des secteurs de la formation initiale sont, comme vous l’aviez
annoncé par vos orientations budgétaires, particulièrement serrés.
Certes, la façon dont l’Etat contraint nos ressources, ne nous autorise
guère à muscler ce pan essentiel de nos compétences, prenons garde à ne
pas compromettre pour autant nos objectifs affichés parmi lesquels
ceux-ci qui nous paraissent essentiels :
-
élever le niveau de qualification professionnelle pour renforcer la
réussite de nos jeunes et raffermir notre économie ;
-
assurer une forte modernisation qualitative et quantitative de
l’apprentissage ;
-
permettre aux formations initiales sanitaires et sociales d’être
plus accessibles, mieux à même de répondre efficacement aux
importants besoins de notre tissu social fragile ;
-
gérer
et renouveler le patrimoine immobilier éducatif non seulement avec
les soucis d’accessibilité, de sécurité et de conformité, mais
encore les ambitions, aujourd’hui plus que nécessaires, de sobriété
énergétique, d’excellence environnementale, d’éco-citoyenneté
éducative.
Pour
l’apprentissage, il est clair que la Région n’atteindra pas les
objectifs quantitatifs très ambitieux de la Loi de programmation pour la
cohésion sociale de 2005 qui entendait, rappelons-le augmenter de 40%
les effectifs d’apprentis pour 2009. En effet, pour atteindre les 17600
apprentis en 2009, il nous faudrait doubler le rythme de progression
actuel qui est de l’ordre de 6%. Certes ce n’est pas mal et on peut
penser que les intentions ministérielles sont peu réalistes pour une
Alsace déjà à la première place nationale pour le poids de
l’apprentissage sur l’ensemble du second cycle professionnel et qui a
déjà fait largement le plein de son potentiel au niveau V. C’est par les
niveau IV et au delà que l’apprentissage alsacien se modernisera avant
tout rompant avec une image de structure d’accueil dévolue aux jeunes
ayant échoué dans la voie générale, rompant aussi avec une mauvaise
réputation de discrimination sexiste et xénophobe qui plombe encore en
partie ce mode performant de formation professionnelle.
Votre
budget ne paraît pas chercher un développement particulièrement forcé de
l’apprentissage. Le changement de quota pour la taxe d’apprentissage
(+30% de recettes) aurait pu entraîner une forte augmentation des
ressources disponibles pour les CFA, mais comme la Région a fait le
choix de réduire en conséquence son apport (-6,7% pour le fonctionnement
de CFA dont les effectifs croissent de 6%), les moyens resteront donc
globalement du même ordre. La réalité des chiffres est sans équivoque et
les baisses substancielles défilent dans vos tableaux (pour les CFA,
équipement –33%, immobilier –37%, conditions de vie des apprentis –26%,
aide aux apprentis –23%, environnement de vie des apprentis –14%, vie
culturelle des apprentis –12%… Certes avec le renforcement des recettes
de la taxe cela ne signifie pas une réduction importante de voilure pour
les CFA, ce n’est pas pour autant un budget qui vise un développement
fort du secteur. Si en 2005 ce budget s’était fortement développé, moins
fortement encore en 2007, cette fois-ci il restera sous la barre des 60
millions.
On peut
s’interroger sur les perspectives : qu’en sera-t-il après 2009 avec la
fin du financement national à l’issue de la durée du Contrat d’objectifs
et de moyens de l’apprentissage en Alsace. Vous envisagez déjà dans
votre document budgétaire une modification à la baisse si je vous lis
entre les lignes des conditions d’attribution des aides aux employeurs
d’apprentis vous plaignant que le montant accordé par l’Etat reste
stable depuis 3 ans. J’ai de la peine à vous comprendre, et l’Etat doit
en avoir davantage, puisqu’il nous attribue 27 millions et que nous en
dépensons à ce titre autour de 25.
Enfin, nous sommes très attentifs aux avancements de la charte de
l’entreprise formatrice et à la mise en place d’un label correspondant.
Notre schéma prévoyait cette démarche dès 2004 ; chaque année nous la
rappelons dans les mêmes termes dans les budgets successifs : nous
espérons que l’ambition initiale qui vise à optimiser le rôle et la
place de l’entreprise comme lieu de formation performant ne s’est pas
dilué au fil des longues années de préparation et d’attente.
Pour les
formations sanitaires et sociales, les modalités d’une décentralisation
incomplète impactent évidemment nos possibilités budgétaires. Cette
décentralisation s’apparente à une décentralisation retenue en raison
des nombreuses compétences qui restent du domaine de l’Etat (déclaration
préalable de l’Etat avant l’agrément des établissements par la Région,
définition des grandes orientations en amont des schémas régionaux,
délivrance des diplômes, contrôle des organismes, quotas : l’Etat ne
lâche pas l’essentiel créant une imbrication complexe de compétences, on
voudrait réduire la Région au rôle de mandataire financier compensant au
passage une partie du désengagement de l’Etat, qu’on ne s’y serait guère
pris autrement. 3 ans bientôt après la loi, nous sommes toujours obligés
faute de clarté des coûts d’en passer pour le sanitaire par une sommaire
subvention d’équilibre entre charges d’exploitation et recettes
d’exploitation et pour le social par un forfait horaire régional qui ne
nous satisfait pas, votre document budgétaire est clair là-dessus.
En ce qui
concerne les lycées, j’ai déjà dit fin octobre notre désaccord avec vos
règles nouvelles pour le financement du chauffage. Ces règles
permettront peut-être à la Région de tenir un peu encore dans un
contexte de renchérissement des hydrocarbures, alors que les conditions
de la sobriété énergétique ne sont pas encore complètement en place. Ces
règles ne sont pas durables puisqu’à court terme il n’y aura plus guère
de fonds de réserve au delà de 3 mois de fonctionnement dans les lycées,
elles sont irréalistes puisque l’hiver dernier ne peut sérieusement pas
être considéré comme un standard, elles sont ressentis comme un diktat
dur à avaler par certains Conseils d’Administration : je pense que
Monsieur Mangin vous transmettra la motion du grand lycée strasbourgeois
où il nous représente.
Nous
relevons bien sûr très favorablement l’accélération forte de la
réalisation des diagnostics thermiques, c’est une nécessité sur laquelle
je revenais systématiquement chaque année depuis 2004, avec la
rénovation des équipements de chauffage et l’amélioration de
l’efficacité énergétique nous aurons enfin là le triptyque solide qui
permettra durablement de contenir nos charges de chauffage et de réduire
nos émissions à effet de serre et ce dans un climat de partenariat
serein avec les établissements.
Nous
avons découvert avec surprise le désengagement du Conseil Général du Bas
Rhin pour les déplacements des lycéens pour les championnats du Sport
scolaire : comme la commission surchargée (plus par les rapports que par
les élus) n’a pas pu évoqué cette augmentation contrainte de 175%, nous
attendons quelques éclaircissement sur cette rupture, qu’en est-il du
CG68 ?
Pour les
aides aux lycéens et à leurs familles, vous connaissez notre
insatisfaction face à un dispositif qui peine à toucher ceux qui en ont
le plus besoin (les pesanteurs académiques ne nous facilitent pas la
tâche) et notre conviction que la gratuité pour les familles sera la
formule d’avenir. Je voudrais vous rendre attentif à un
dysfonctionnement particulièrement injuste : alors que j’avais toujours
compris que les élèves de 1ère année de BEP ou de CAP étaient des élèves
de seconde au même titre que les autres, je viens d’apprendre qu’on les
classeraient dans la catégorie moins aidée qui touche en gros 20€ de
moins, certes me direz vous, ils profitent eux de l’aide au premier
équipement professionnel, dans ce cas je demande qu’on la rétablisse
pour les élèves des classes tertiaires de seconde professionnelle qui
ont été écartés de l’aide à l’équipement. Il s’agit des publics parmi
les moins favorisés de nos lycées, c’est une question de justice.
Voilà
chers collègues pourquoi nous nous abstiendrons sur l’apprentissage, sur
les lycées (hors opérations immobilières), sur le fonctionnement des
lycées et du sanitaire et social. Voilà pourquoi nous voterons pour les
investissements immobiliers pour les lycées en souhaitant fortement que
les diagnostics thermiques et les plans qu’ils susciteront se réalisent
effectivement.
Enfin, M.
le Président j’ai rédigé pour l’intergroupe PS-Verts avec la
collaboration de Martine Diffor et JP Baeumler une motion au sujet de la
conversion qui s’annonce à marche forcée de la formule BEP+ Bac pro en 4
ans par la formule Bac pro en 3 ans. Cette motion s’annonce consensuelle
puisqu’elle a été reprise par des collègues de différents groupes (
Bernard Stoessel, Martine Caldéroli, Monique Marchal et Marie-Reine
Fischer). Je suis très heureux de ce consensus annoncée, il faut en
effet M. Le Président que le Ministère comme le Rectorat comprennent
fortement qu’on ne peut pas bouleverser et mettre en émoi de cette façon
la formation professionnelle initiale. Ce secteur essentiel et sensible
doit être objet de partenariat, de constance, de concertation dans
l’esprit de notre Schéma régional, il ne peut être ballotté et chamboulé
sous la seule pression d’une logique budgétaire nationale et académique.
A propos
de chambardement en perspective : j’ai encore une question Monsieur le
Président : Le contrat de législature 2007-2012 de l’UMP s’engage à nous
enlever les lycées pour les confier aux Départements. Monsieur le
Président, qu’en est-il de cette réforme ? Y êtes-vous favorable ? Nous
confier en contrepartie l’amélioration de la vie étudiante ne pourra
certainement pas être perçu comme un signal de renforcement des Régions.
Je vous
remercie de votre attention.
Jacques
FERNIQUE
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