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Budget primitif pour 2008
5ème Commission :
Formation professionnelle continue
36-07 :
Formation professionnelle continue
Intervention de Djamilla SONZOGNI pour le groupe Verts
Monsieur
le Président, chers collègues,
Cette
année encore le programme de la formation professionnelle ne prend pas
assez en compte les plus loin de l’emploi et les plus démunis.
Deux
exemples : les FLE et l’offre de formation concernant les niveaux V et
infra V. Je vous ai déjà interpellée l’an dernier sur le programme 2007
concernant la formation linguistique, les FLE. J’ai attiré votre
attention sur le fait que les niveaux demandés pour accéder à ces
formations étaient tellement élevés qu’ils allaient exclure de cette
formation plus des deux tiers des personnes qui en avait besoin et que
les formations programmées ne démarreraient pas toutes faute de
postulants. Je vous avais aussi interpellée sur le fait que vous ne
rémunériez plus les stagiaires alors que tous les autres stages
concernant des demandeurs d’emplois et à plein temps étaient rémunérés.
Je vous avais enfin alerté sur le fait que 700 stages proposés étaient
largement au dessous de la demande.
Que
faites vous pour l’année 2008 ? Vous avez baissé le niveau de pré-requis
très bien. Vous rémunérez les stagiaires très bien. Mais le compte n’y
est pas !
Le nombre
de stage est passé de 700 à 500 ! Et ce sont exclusivement des stages
avec alternance en entreprise. Il est déjà très difficile pour des
demandeurs d’emploi « dans la norme » c'est-à-dire d’origine alsacienne
voire européenne, maîtrisant parfaitement la langue française écrite et
orale de trouver des alternances, alors comment voulez vous que des
personnes bien évidemment étrangères et ne maîtrisant pas la langue
trouvent une alternance ? Ce que vous pensez être une avancée est un
recul à tous points de vue. Vous nous dites que la baisse de stages FLE
rémunérés sera compensée par les actions territoriales, quelle ligne
budgétaire, quelle politique avez-vous mis en place pour promouvoir ces
actions sur les territoires ?
Mais cet
exemple est le reflet de votre politique de formation professionnelle.
Aujourd’hui votre offre est concentrée sur la formation qualifiante et
rémunérée sur les demandeurs d’emplois les moins fragiles, les bac plus
qui représentent moins de 35% des DE… Ces demandeurs d’emplois doivent
être pris en compte et nous approuvons cette partie de votre politique
de formation.
Mais pour
les personnes les plus loin de l’emploi, pour les niveaux V et le niveau
infra V, qui représentent plus de 60% des demandeurs d’emplois les
offres sont de moins en moins nombreuses et non rémunérées et surtout ne
sont pas adaptées. Les formations rémunérées et qualifiantes sont de
plus en plus conditionnées par le fait d’être suivi en alternance comme
par exemple la formation proposée pour acquérir les savoirs
fondamentaux. Combien d’entreprises vont accepter de prendre ces
personnes, qui va les aider à trouver un patron ?
On ne
peut pas dire qu’il n’y a aucune offre pour cette majorité de demandeurs
d’emploi, simplement qu’elle n’est pas suffisamment adaptée. Le fait
d’exclure les salariés de votre programme de formation, et d’en exclure
de plus en plus les niveaux V et infra V, fait que nous allons nous
retrouver dans quelques années avec autant de chômeurs que d’emplois non
pourvus.
M le
président, organiser la formation professionnelle en adéquation avec les
besoins des entreprises est une chose et il faut le faire, mais il faut
aussi partir des besoins des personnes pas immédiatement employables
pour qu’elles puissent franchir étapes par étapes le chemin qui va les
amener à la formation qualifiante et à l’emploi.
Vous
favorisez l’alternance et l’apprentissage (formations rémunérées) mais
vous ne vous préoccupez pas assez du fait que trouver un apprentissage
ou un patron pour une alternance est un défi irréalisable pour une
grande partie de nos demandeurs d’emplois et plus particulièrement pour
les jeunes habitant les quartiers populaires.
Votre
politique de formation est encore et encore scotchée au court terme, aux
besoins immédiats des entreprises, et ne prends pas assez en compte les
besoins des personnes.
Je vous
remercie de votre attention.
Djamilla
SONZOGNI
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