|
Intervention en séance d'Andrée BUCHMANN
”Conclusions de l'étude
relative à la définition
d'une stratégie en faveur du livre en Alsace"
Monsieur le Président, Chers collègues,
Il
était nécessaire de définir une nouvelle politique du Livre et le
travail réalisé n’a pas été inutile. Nous pouvons saluer la démarche
utilisée de concertation de nombreux acteurs du domaine, avec réunions
de groupes thématiques, consultations, plénières, visites….
Cela a
permis de montrer une nouvelle fois la richesse à la fois culturelle et
économique de ce secteur. La démarche a également permis de faire
évoluer la focalisation de notre politique, qui était particulièrement
orientée vers le soutien aux « Alsatiques », terme pris dans une
acceptation restrictive, soit d’ouvrage d’arts sur la Région, soit
d’ouvrages à caractères souvent local, ou de thématiques domestiques.
J’ai cependant regretté
que dans le Comité de Pilotage n’aient pas été conviés des acteurs
dynamiques historiques. Ces acteurs importants pour l’édition d’auteurs
de dimension internationale ont été auditionnés au raccroc début août
par un comité très réduit où j’étais la seule élue. Cela est soit preuve
d’ignorance, soit de volonté d’écarter.
Par ailleurs, de nombreux
professionnels avaient demandé que soit mis en place, à l’instar de ce
qui existe dans d’autres régions comme l’Aquitaine ou la Lorraine, un
Centre Régional du Livre. L’option qui est adoptée ici est celle d’une
structure de coordination et d’animation « baptisée Mission du Livre »
et qui sera hébergée à l’ACA. Cette option me paraît minimaliste. Je ne
vais pas plaider contre, mais j’espère que les personnes qui la
composeront représenteront la variété des acteurs de ce territoire,
d’une part et d’autre part que le soutien n’ira pas seulement aux
ouvrages qui se vendent bien mais qui n’apportent pas forcément grand
chose à la pensée mondiale.
Il me semble qu’il aurait
été indispensable de spécifier dans ce rapport l’importance de la
dimension bilingue de notre région, qui doit être soutenu délibérément.
Le bilinguisme est condition sine qua non si nous voulons vraiment
devenir un pôle d’excellence dans le domaine de la sauvegarde et de la
valorisation du patrimoine écrit. Nous n’avons pas le droit de nous
couper de notre histoire. Et si nous voulons à nouveau installer le
dialogue avec les régions qui nous entourent. L’Alsace est une région
trop petite pour disposer de la masse critique suffisante pour permettre
le développement optimal de ce secteur. Tant sur le plan de la création
que sur celui de la diffusion .
J’espère , Monsieur le
Président, que vous n’envisagez pas que la future Région Métropolitaine
Européenne écrira et parlera exclusivement anglais. Le défi d’un
bilinguisme Français/ Allemand-Alsacien, auquel peuvent se raccrocher
l’anglais et d’autres langues est une perspective bien plus exaltante
que le sentiment honteux actuel. Même dans ce rapport on n’ose afficher
le bilinguisme.
Andrée BUCHMANN |