Séance plénière
18 et 19 décembre 2006

Séance budgétaire

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Budget primitif 2007 de la 3ème Commission

Recherche, transfert de technologie, enseignement supérieur

Intervention de Philippe CARBIENER
 


Monsieur le Président, Chers collègues

Nous devons déplorer, cette année encore, dans ce budget « recherche » la mono-orientation vers les recherches valorisables auprès du marché, une orientation déséquilibrée entre les disciplines, une politique de partenariat réduite aux chercheurs et au monde économique.

Nous jugeons qu’il serait temps que la Région s’attelle à développer également des partenariats entre les laboratoires et les acteurs sociétaux à but non lucratif. Il serait utile que la région alsace puisse disposer de connaissances ouvertes, d’expertises plurielles et indépendantes. Il serait important qu’elle sache susciter des innovations précieuses même en l’absence de but lucratif.

Nous observons que les domaines cruciaux constitués par les énergies renouvelables, l’agriculture durable, la bonne alimentation et l’ingénierie verte, la santé environnementale et publique sont trop largement absent des dispositifs soutenus. Nous pensons qu’en ayant l’initiative de nouer des partenariats entre la recherche et la société, nous pourrions générer de multiples applications intéressantes pour la communauté.

Or les dispositifs soutenus par la Région visent trop souvent à diffuser des innovations dont on ne sait pas, faute d’évaluation, si elles correspondent réellement aux besoins de la société et de l’environnement.

Face aux enjeux pour la connaissance que nous venons d’évoquer, et qui préoccupent les alsaciens, pourquoi la Région Alsace n’instaurerait-elle pas elle aussi des dispositifs participatifs ?

Ce procédé permet de définir démocratiquement des objectifs généraux et débouche sur des débats féconds concernant les méthodes et les stratégies proposées. Il s’agit là d’un protocole exigeant mais permettant d’aller au-delà des travers inhérents à une opinion préformatée.

Concernant les questions cruciales qui sont celles de l’énergie, de l’alimentation et de la santé, pourquoi la Région Alsace ne susciterait-elle pas dans le même esprit des « ateliers scénarios » ?

Concernant les applications de la recherche, cette méthodologie permettrait de développer différentes visions alternatives, d’identifier les obstacles et de proposer des solutions.

Alors que nos concitoyens s’interrogent sur le poids donné au génie-génétique et aux nano-technologies, pourquoi ne pas satisfaire leur besoin de débat en organisant des ”conférences de citoyens” sur ces domaines scientifiques très présents dans notre région ? Un tel dialogue entre citoyens profanes et experts permettrait de définir différemment les termes de l’intérêt général.

Parce qu’il donne moins de poids aux lobbies dans les discussions publiques, un tel débat devrait être systématisé préalablement à tout investissement massif dans un de ces secteurs controversés.

Cette pratique courante au Danemark, permettrait aussi aux élus de disposer des informations équilibrées dont ils sont largement dépourvus et les mettrait en situation d’effectuer, dans de bonnes conditions, les choix qu’ils ont à faire.

Ce nouvel esprit dans la définition des politiques de recherche à soutenir auraient sans doute évité à la Région Alsace de présenter à nouveau un projet de budget d’un montant nul concernant la ligne « recherche en environnement ». Or l’environnement et les styles de vie sont des facteurs au moins aussi importants pour la santé que les seuls éléments génétiques !

Nous proposons qu’en Alsace comme en Ile-de-France soient mis en place des appels à projets partenariaux, entre les institutions et les citoyens, en faveur de la recherche et l’innovation.

Nous aurions souhaité que ce troisième budget « recherche » de la mandature fasse enfin l’objet d’un rééquilibrage mettant moins exclusivement l’accent sur les débouchés marchands et bien davantage sur les besoins des chercheurs, dans leur diversité, et des citoyens, éternels parents pauvres de ces questions.

Je vous remercie pour votre attention

Philippe CARBIENER