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Budget primitif 2007 de la 3ème Commission
Recherche, transfert de technologie, enseignement supérieur
Intervention de Philippe CARBIENER
Monsieur le Président, Chers collègues
Nous devons déplorer,
cette année encore, dans ce budget « recherche » la mono-orientation
vers les recherches valorisables auprès du marché, une orientation
déséquilibrée entre les disciplines, une politique de partenariat
réduite aux chercheurs et au monde économique.
Nous jugeons qu’il serait
temps que la Région s’attelle à développer également des partenariats
entre les laboratoires et les acteurs sociétaux à but non lucratif. Il
serait utile que la région alsace puisse disposer de connaissances
ouvertes, d’expertises plurielles et indépendantes. Il serait important
qu’elle sache susciter des innovations précieuses même en l’absence de
but lucratif.
Nous observons que les
domaines cruciaux constitués par les énergies renouvelables,
l’agriculture durable, la bonne alimentation et l’ingénierie verte, la
santé environnementale et publique sont trop largement absent des
dispositifs soutenus. Nous pensons qu’en ayant l’initiative de nouer des
partenariats entre la recherche et la société, nous pourrions générer de
multiples applications intéressantes pour la communauté.
Or les dispositifs
soutenus par la Région visent trop souvent à diffuser des innovations
dont on ne sait pas, faute d’évaluation, si elles correspondent
réellement aux besoins de la société et de l’environnement.
Face aux enjeux pour la
connaissance que nous venons d’évoquer, et qui préoccupent les
alsaciens, pourquoi la Région Alsace n’instaurerait-elle pas elle aussi
des dispositifs participatifs ?
Ce procédé permet de
définir démocratiquement des objectifs généraux et débouche sur des
débats féconds concernant les méthodes et les stratégies proposées. Il
s’agit là d’un protocole exigeant mais permettant d’aller au-delà des
travers inhérents à une opinion préformatée.
Concernant les questions
cruciales qui sont celles de l’énergie, de l’alimentation et de la
santé, pourquoi la Région Alsace ne susciterait-elle pas dans le même
esprit des « ateliers scénarios » ?
Concernant les
applications de la recherche, cette méthodologie permettrait de
développer différentes visions alternatives, d’identifier les obstacles
et de proposer des solutions.
Alors que nos concitoyens
s’interrogent sur le poids donné au génie-génétique et aux
nano-technologies, pourquoi ne pas satisfaire leur besoin de débat en
organisant des ”conférences de citoyens” sur ces domaines scientifiques
très présents dans notre région ? Un tel dialogue entre citoyens
profanes et experts permettrait de définir différemment les termes de
l’intérêt général.
Parce qu’il donne moins
de poids aux lobbies dans les discussions publiques, un tel débat
devrait être systématisé préalablement à tout investissement massif dans
un de ces secteurs controversés.
Cette pratique courante
au Danemark, permettrait aussi aux élus de disposer des informations
équilibrées dont ils sont largement dépourvus et les mettrait en
situation d’effectuer, dans de bonnes conditions, les choix qu’ils ont à
faire.
Ce nouvel esprit dans la
définition des politiques de recherche à soutenir auraient sans doute
évité à la Région Alsace de présenter à nouveau un projet de budget d’un
montant nul concernant la ligne « recherche en environnement ». Or
l’environnement et les styles de vie sont des facteurs au moins aussi
importants pour la santé que les seuls éléments génétiques !
Nous proposons qu’en
Alsace comme en Ile-de-France soient mis en place des appels à projets
partenariaux, entre les institutions et les citoyens, en faveur de la
recherche et l’innovation.
Nous aurions souhaité que
ce troisième budget « recherche » de la mandature fasse enfin l’objet
d’un rééquilibrage mettant moins exclusivement l’accent sur les
débouchés marchands et bien davantage sur les besoins des chercheurs,
dans leur diversité, et des citoyens, éternels parents pauvres de ces
questions.
Je
vous remercie pour votre attention
Philippe CARBIENER
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