| |
|
|
Intervention en séance d'Andrée BUCHMANN
”Contrat de Projets Etat - Région 2007 - 2013"
Etat d'avancement des négociations
Monsieur
le Président, chers collègues,
Les
Contrats de Plan deviennent Contrat de Projets.
Projets de qui ?
Ce
sont globalement des projets de l’Etat qu’il fait supporter aux Régions.
Ils comprennent une part d’investissement mais surtout des transferts
de charges vers les collectivités locales : que ce soit les Universités,
l’AFPA, les musées….
De
surcroît, si les Régions restent des partenaires privilégiés de l’Etat,
celui-ci peut également contractualiser directement avec les
Collectivités locales ou les Pays. Sans aucune hiérarchisation.
Nous
sommes face à une situation complètement éclatée. Le Gouvernement actuel
a fait le choix de diviser pour régner en maître absolu sur le
territoire français. Et cela en contradiction totale avec les objectifs
affichés.
Comment peut-on
parler de cohésion sociale et territoriale ?
Alors que la région,
qui représente en Alsace une entité culturelle, géographique,
linguistique, économique, est privée de la vision globale de
l’aménagement de son territoire et de la défense des intérêts des
habitants de cette région.
Il n’y
a plus aucun lieu où les enjeux pour l’avenir de notre région peuvent
être posés, débattus, et des décisions collectives et globales prises.
Comment peut-on parler
de développement durable ?
Pas de crédits pour l’éducation à l’environnement, pour les PME-PMI,
pas de prise en compte de la situation environnementale du point de vue
des menaces sur la santé, pas de crédits pour l’agriculture biologique,
rien pour la culture vivante, pour l’innovation écologique ou
démocratique, ou sociale.
Comment parler de
compétitivité et d’attractivité des territoires en cohérence avec les
objectifs de l’Union européenne définis à Lisbonne et Göteborg ?
L’Europe se construit à l’échelle de Grandes Régions et la France
balkanise complètement son territoire dans un système qui alourdit la
gestion et confère un poids supplémentaire à l’administration, avec le
risque de générer, comme le souligne le CESA, un coût global plus
important pour les finances publiques.
Au lieu de
simplifier et d’alléger pour développer la compétitivité de notre
territoire, cet empilement risque de continuer de plomber la France.
Nous partageons les
préconisations du CESA sur la nécessité d’une vision partagée de
l’aménagement du territoire en Alsace et surtout et notamment sa
proposition d’expérimentation d’un schéma
régional d’aménagement du territoire opposable.
Comme
je l’ai dit lors de la réunion où ce document nous a été présenté, les
habitants de cette région sont dessaisis de leur pouvoir de décision
quant à leur propre avenir. On aurait pu espérer que le Conseil régional
joue ce rôle. Mais il n’en est rien. Nous sommes infantilisés. Je vais
prendre quelques exemples :
-
Les
infrastructures de transports, une partie du transport ferroviaire
nous est dévolu, mais on ne parle plus du tout des routes. Cela
donnera lieu à un contrat spécifique. Il y a bien sûr pour cette
question, l’aspect du financement. Mais aussi des choix de
déplacement et de la lutte contre les gaz à effet de serre. Face à
l’augmentation de la pollution de l’air et aux menaces climatiques,
c’est une stratégie globale qui doit être mise en œuvre. Quel crédit
donner à l’Etat concernant le fret, alors qu’il dispose d’un outil
qui s’appelle la SNCF qui a progressivement saboté le transport
marchandise ? Par ailleurs la politique du tramway est-elle toujours
assortie de constructions routières, comme c’est le cas sur la CUS ?
-
Malgré
toutes les dénégations, le territoire alsacien est de plus en plus
grignoté, même maintenant le long des axes routiers, hors bretelles
d’accès. Regardez le long de la RN 83, devenue départementale
183.Des zones d’activités, fussent-elles intercommunales, continuent
d’être installées ou prévues. Il n’y a aucun lieu et outil de
régulation. Je trouve que c’est grave. L’Alsace est une région de
plus en plus bétonnée.
-
La culture est réduite à des bâtiments à vocation
touristique. Pourquoi ne pas favoriser la culture vivante, le
bilinguisme, les langues, la coopération avec les autres régions ?
C’est
bien sur les compétences des habitants de cette région que se situent
les enjeux, sur des choix qui préservent l’environnement et la santé,
sur un développement économique innovant.
Monsieur le Président, ce qui nous est proposé est inacceptable. Les
crédits dévolus au Développement Durable sont largement insuffisants au
regard des enjeux écologiques.
La
Région a mis en place une politique sur l’énergie, nous soutenons cet
effort.
Vous
proposez des démarches territorialisées à l’élaboration de plans climat
locaux. Pourquoi ne pas lancer un plan climat régional comme cadre des
plans climats locaux. Cela pourrait être le lieu du débat et de mise en
cohérence des actions de la région, que je comprends du point de vue du
territoire et non seulement de notre collectivité.
Enfin,
il est extraordinaire qu’à part la réunion de la commission transport
élargie où le rapport nous a été soumis, il n’y a jamais eu de
discussion sur les propositions de contenu.
Andrée
BUCHMANN |
|
|