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Intervention en séance de Djamila SONZOGNI
Monsieur
le Président,
Madame,
Monsieur les Conseillers Régionaux,
J’ai suivi d’assez près le travail qui a été fait pour aboutir à ce
schéma et auquel nous avons été associés et je voudrais donc saluer
devant cette assemblée quelques points positifs car il n’est pas facile
de construire un tel schéma.
Je souligne la concertation réalisée avec un grand nombre d’acteurs du
monde économique. Dommage qu’elle se soit limitée aux acteurs habituels.
On aurait pu l’élargir aux nouveaux acteurs du développement économique,
de l’insertion par l’emploi, à ceux qui ont monté leur micro projet,
comme ces chefs d’entreprise d’origine étrangère, comme ces responsables
d’entreprises d’insertion. Enfin il est tout à fait regrettable de ne
pas avoir invité et écouté les associations de chômeurs
Je reconnais que beaucoup de nos remarques ont été prises en compte
notamment sur l’économie sociale et solidaire qui est enfin reconnue
comme un acteur important. Le schéma reconnais aussi les éco-entreprises
notamment de l’agriculture biologique. Dans ses orientations
stratégiques, le schéma donne en principe la priorité à un développement
durable de l’économie !
Concertation effective, Économie sociale et solidaire, Écoentreprise,
Développement durable…Et pourtant ce schéma est loin de nous avoir
convaincu. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il dit tout et son
contraire…
Ce schéma c’est la « Samaritaine » où chacun peut trouver son bonheur…
même si les desseins des uns sont contradictoires avec les desseins des
autres.
On évoque les principes du développement durable et l’on consacre un
chapitre entier sur des projets d’infrastructures daté : le GCO,
l’agrandissement des aéroports, et même un remake du canal à grand
gabarit… En parallèle aux déclarations de principes et d’intentions,
nous avons la programmation concrète d’infrastructures consommatrices
d’espaces et d’énergie. Il manque à ce schéma, d’essence libérale, une
véritable orientation politique. Pour notre part, nous aurions souhaité
trouver en fil conducteur le développement soutenable et la solidarité.
Le schéma évoque, de-ci de-là, les éco-entreprises notamment pour les
économies d’énergie et l’agriculture biologique. Nous aurions souhaité
que la Région soutienne, avec le même enthousiasme et les mêmes moyens
que pour les pôles de compétitivité, l’essor d’une écofilière permettant
de regrouper, soutenir et développer ce secteur.
Vous voulez « une Alsace entreprenante, innovante ouverte et solidaire »
? Je constate que sur la solidarité, le compte n’y est pas ! A moins que
le fait d'avoir enfin reconnu les acteurs de l’économie sociale et
solidaire constitue pour vous le volet solidarité ? C’est très réducteur
!
L'Économie Sociale et Solidaire joue par essence la solidarité. Mais
l’économie sociale et solidaire est bien plus, c’est un secteur
économique à part entière dont il faut souligner le potentiel de
création d’emplois et de services non délocalisables.
Mettre en œuvre concrètement la solidarité, c’est, par exemple, pour
notre institution, la mise en oeuvre systématique de la clause
d’insertion dans les marchés publics. Cela matérialiserait la volonté de
la Région de soutenir, en Alsace, les actions permettant de remettre des
personnes exclues au cœur de l’économie.
Excusez-moi, mais quel silence étourdissant sur le conditionnement des
aides aux entreprises pour les inciter à plus de respect de
l’environnement et aux bonnes pratiques sociales. Les critères de
conditionnalité sont pourtant simple à mettre en place ! Je peux citer :
contrats pérennes, formation des salariés, non-discrimination à
l’embauche et dans l'emploi, respect de la loi sur l'intégration des
personnes handicapées.
Quel sens de l’anticipation à rebours en matière foncière alors que
l’espace est rare, que les pressions s’accentuent au point de menacer
l’équilibre environnemental et social comme le relève justement le CESA
dans son avis « Alsace , territoire fragile ? ». Vous vous
proposez d’« inciter les acteurs des territoires à réfléchir à
l’opportunité de la mise en place, à une échelle pertinente, de
stratégies foncières ou d’instruments et/ou d’établissements publics
fonciers ». Autant dire qu’il ne se passera rien avant longtemps !
Le lien avec le Schéma régional de l'éducation et de la formation en
Alsace n’est pas évident. C’est normal pour un document qui surfe sur la
solidarité. Je l'ai dit maintes fois, que la formation ne doit pas avoir
seulement pour objectif de s'adapter aux besoins immédiats des
entreprises mais permettre à ceux qui en ont besoin de retrouver un
niveau général qui leur donnera les moyens de faire face aux changements
incessants du monde économique. Sinon en 2015 nous aurons autant de
chômeurs que d'emplois non pourvus.
Pour conclure, je souligne que l’on ne pas prétendre avoir comme
priorité le développement durable et inscrire dans le schéma, des
équipements qui vont à l’encontre même des principes du développement
durable, de la préservation de l’environnement et de nos richesses comme
le GCO, le canal à grand gabarit, le développement du transport aérien …
mangeurs d’énergie, gaspilleurs de terres fertiles, émetteur de
nuisances.
Alors que nos moyens ne sont pas extensibles, le financement de toutes
ces infrastructures se fera nécessairement au détriment des crédits
disponibles pour la solidarité. Mais comme ce volet est quasi inexistant
dans votre texte, ce n’est pas un problème pour votre majorité.
C’est pour toutes ces raisons, Monsieur le Président, que les Verts ont
le regret de voter contre ce schéma.
Djamilla SONZOGNI
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