Séance plénière du 31 mars 2006

 
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Intervention de Philippe CARBIENER au nom du Groupe  des élu(e)s Verts

 

 

 

Monsieur le Président, chers Collègue,

 

Cette communication nous convie à débattre dans la précipitation et sous la contrainte, partant de manière nécessairement confuse, sur ce qui détermine largement le projet territorial de l’Alsace à l’horizon 2013.

 

Dans la précipitation, avec l’annonce brutale par le Premier ministre, le 23 janvier dernier, de son intention de boucler dès la fin de l’année les contrats de plan en cours et celle, concomitante, d’exiger le bouclage des nouveaux projets d’ici la fin de cette même année.

 

Sous la contrainte, celle du temps nécessaire qui vient à cruellement manquer pour une élaboration correcte et soigneusement concertée d’un dessein qui doit être suffisamment mûri, alors que nous nous situons dans un contexte bouleversé par rapport à la période précédente. Également sous celle du retour d’un État aussi jaloux de ses prérogatives anciennes, qu’impécunieux.

 

Ainsi, dans une certaine confusion, d’autant plus marquée que nous ne savons pas clairement distinguer ce que nous sommes convié à entériner de ce qu’il nous resterait de significatif à débattre.

 

Nous pourrions largement souscrire au libellé général de votre communication Monsieur le Président mais avant de nous préoccuper du contenu concret de ses orientations, nous nous interrogeons, comme vous même peut-être, sur sa portée réelle.

 

Quel sera notre champs d’innovations et de propositions alors que l’État entend définir les objectifs du contrat et que nous n’en appréhendons encore que difficilement la nature précise ?

 

Dans quelle mesure pouvons-nous encore définir des priorités régionales, à cette occasion d’ordinaire privilégiée, alors que d’ores et déjà nous savons que le Préfet en sera le grand ordonnateur ? A l’opposé mais dans une moindre mesure, ne risquons-nous pas aussi de devenir inapte à forger une politique régionale cohérente compte-tenu du poids potentiel susceptible d’être donné à des collectivités de moindre échelle, n’ayant nécessairement pas vocation à porter le même niveau d’ambition, alors que l’on s’apprête à les doter d’une capacité autonome de contractualisation ?

 

Nous souhaiterions élargir par nous même, et ce dans l’intérêt de l’Alsace, la notion de pôle de compétitivité économique pour ancrer notre région dans des desseins véritablement d’avenir, bien au-delà des ornières de modèles industriels qui, s’ils sont encore précieux, s’avèrent datés et de secteurs de recherche se révélant de plus en plus chimériques. Alors que l’Alsace se paupérise, nous récusons l’octroi de compétences trop exclusivement économiques pour revendiquer également celles relatives à la cohésion sociale et à l’emploi. Nous, les Verts, refusons de voir dans le développement durable un simple chapître comme on nous le dicte, et proposons à l’inverse, d’en faire l’axe méthodologique inspirant et conduisant de nouveaux projets, des ambitions salvatrices dans tous les sens du terme.

 

Alors que l’Alsace a une expérience plutôt réussie de gestion des fonds européens FEDER, nous refusons que tous ceux du programme FSE soient accaparés par l’Etat alors que c’est nous qui sommes en première ligne face à l’aggravation de la crise sociale. Alors que la question des transports demeure cruciale, son éviction du cadre du débat signe, en total anachronisme, une volonté de recentralisation des grandes questions relatives à l’aménagement du territoire. Sans doute, nous le craignons, en prélude à des conceptions autoritaires dont le GCO serait un jalon opportun aux yeux de l’appareil étatique.

 

Nous aimerions vous dire de quelle manière nous verrions l’Alsace susceptible de surmonter ses difficultés en vous détaillant le contenu d’une politique de grands travaux écologiques, nos propositions précises d’axe d’innovations et de Recherche/Développement privilégiée , nos projets spécifiques d’attractivité territoriale, de création d’activités nouvelles et d’emplois pour tous, fondant ensemble un contrat d’avenir complet avec l’État.

 

Nous pourrions de la sorte, vous proposer des projets concrets de contractualisation, qui seraient d’ailleurs potentiellement en adéquation avec certaines de vos propres annonces mais nous savons qu’elles se retrouveront immanquablement en porte à faux avec la dynamique centrale.

 

Nous ne discernons là plus guère de cohérence entre l’UMP Région telle qu’elle s’exprime dans ce rapport et l’UMP Paris.

 

Cette communication aurait pu être le prélude à un exercice nécessaire, exigeant et bénéfique pour l’Alsace mais qui s’annonce excessivement contraint et partant largement stérile.

 

Il appartient encore à tous les Conseillers Régionaux d’exiger un élargissement de son cadre, et nous vous en conjurons particulièrement, Monsieur le Président. Mais comme à l’accoutumée, et quoi qu’il advienne, le groupe des élus Verts s’attachera à formuler, tout au long de son élaboration les propositions nouvelles que l’on en attend, celles dont l’Alsace a besoin, aujourd’hui plus que jamais.

 

Philippe CARBIENER