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Intervention de Philippe CARBIENER au nom du Groupe des élu(e)s Verts
Monsieur le Président, chers Collègue,
Cette communication nous convie à débattre dans la précipitation et sous la
contrainte, partant de manière nécessairement confuse, sur ce qui détermine
largement le projet territorial de l’Alsace à l’horizon 2013.
Dans la précipitation, avec l’annonce brutale par le Premier ministre, le 23
janvier dernier, de son intention de boucler dès la fin de l’année les
contrats de plan en cours et celle, concomitante, d’exiger le bouclage des
nouveaux projets d’ici la fin de cette même année.
Sous la contrainte, celle du temps nécessaire qui vient à cruellement
manquer pour une élaboration correcte et soigneusement concertée d’un
dessein qui doit être suffisamment mûri, alors que nous nous situons dans un
contexte bouleversé par rapport à la période précédente. Également sous
celle du retour d’un État aussi jaloux de ses prérogatives anciennes,
qu’impécunieux.
Ainsi, dans une certaine confusion, d’autant plus marquée que nous ne savons
pas clairement distinguer ce que nous sommes convié à entériner de ce qu’il
nous resterait de significatif à débattre.
Nous pourrions largement souscrire au libellé général de votre communication
Monsieur le Président mais avant de nous préoccuper du contenu concret de
ses orientations, nous nous interrogeons, comme vous même peut-être, sur sa
portée réelle.
Quel sera notre champs d’innovations et de propositions alors que l’État
entend définir les objectifs du contrat et que nous n’en appréhendons encore
que difficilement la nature précise ?
Dans quelle mesure pouvons-nous encore définir des priorités régionales, à
cette occasion d’ordinaire privilégiée, alors que d’ores et déjà nous savons
que le Préfet en sera le grand ordonnateur ? A l’opposé mais dans une
moindre mesure, ne risquons-nous pas aussi de devenir inapte à forger une
politique régionale cohérente compte-tenu du poids potentiel susceptible
d’être donné à des collectivités de moindre échelle, n’ayant nécessairement
pas vocation à porter le même niveau d’ambition, alors que l’on s’apprête à
les doter d’une capacité autonome de contractualisation ?
Nous souhaiterions élargir par nous même, et ce dans l’intérêt de l’Alsace,
la notion de pôle de compétitivité économique pour ancrer notre région dans
des desseins véritablement d’avenir, bien au-delà des ornières de modèles
industriels qui, s’ils sont encore précieux, s’avèrent datés et de secteurs
de recherche se révélant de plus en plus chimériques. Alors que l’Alsace se
paupérise, nous récusons l’octroi de compétences trop exclusivement
économiques pour revendiquer également celles relatives à la cohésion
sociale et à l’emploi. Nous, les Verts, refusons de voir dans le
développement durable un simple chapître comme on nous le dicte, et
proposons à l’inverse, d’en faire l’axe méthodologique inspirant et
conduisant de nouveaux projets, des ambitions salvatrices dans tous les sens
du terme.
Alors que l’Alsace a une expérience plutôt réussie de gestion des fonds
européens FEDER, nous refusons que tous ceux du programme FSE soient
accaparés par l’Etat alors que c’est nous qui sommes en première ligne face
à l’aggravation de la crise sociale. Alors que la question des transports
demeure cruciale, son éviction du cadre du débat signe, en total
anachronisme, une volonté de recentralisation des grandes questions
relatives à l’aménagement du territoire. Sans doute, nous le craignons, en
prélude à des conceptions autoritaires dont le GCO serait un jalon opportun
aux yeux de l’appareil étatique.
Nous aimerions vous dire de quelle manière nous verrions l’Alsace
susceptible de surmonter ses difficultés en vous détaillant le contenu d’une
politique de grands travaux écologiques, nos propositions précises d’axe
d’innovations et de Recherche/Développement privilégiée , nos projets
spécifiques d’attractivité territoriale, de création d’activités nouvelles
et d’emplois pour tous, fondant ensemble un contrat d’avenir complet avec
l’État.
Nous pourrions de la sorte, vous proposer des projets concrets de
contractualisation, qui seraient d’ailleurs potentiellement en adéquation
avec certaines de vos propres annonces mais nous savons qu’elles se
retrouveront immanquablement en porte à faux avec la dynamique centrale.
Nous ne discernons là plus guère de cohérence entre l’UMP Région telle
qu’elle s’exprime dans ce rapport et l’UMP Paris.
Cette communication aurait pu être le prélude à un exercice nécessaire,
exigeant et bénéfique pour l’Alsace mais qui s’annonce excessivement
contraint et partant largement stérile.
Il appartient encore à tous les Conseillers Régionaux d’exiger un
élargissement de son cadre, et nous vous en conjurons particulièrement,
Monsieur le Président. Mais comme à l’accoutumée, et quoi qu’il advienne, le
groupe des élus Verts s’attachera à formuler, tout au long de son
élaboration les propositions nouvelles que l’on en attend, celles dont
l’Alsace a besoin, aujourd’hui plus que jamais.
Philippe CARBIENER
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