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Intervention de Jacques FERNIQUE au nom du Groupe des élu(e)s Verts
Monsieur le Président, chers Collègues,
Sur le contrat triennal, nous partageons bien sûr l’intention
affichée entre la ville, la CUS, le département, la Région et l’Etat : oui,
Strasbourg a fortement besoin que nous soutenions sa vocation européenne.
Parce que l’Europe des citoyens, l’Europe des élus, celle du foisonnement
social et associatif ne peut pas se confondre avec une machinerie juste
administrative et donc, Strasbourg a effectivement une vocation essentielle
pour tous ceux qui ont la conviction que l’Europe est d’abord un projet
citoyen. Unis dans la diversité est la devise de notre Europe (cette
expérience unique et fragile de dépassement des égoïsmes nationaux), et bien
si Strasbourg s’effaçait du premier plan, ce serait assurément l’uniformité
creuse et donc à terme les risques d’éclatement qui prévaudraient. Si
l’Europe entend être aussi l’aspiration des peuples de l’Est et non la
cloche de protection de nos égoïsmes frileux, alors Strasbourg doit en être.
L’intention de ce contrat nous la partageons donc.
Les objectifs, il y en a 3 : et bien, nous les Verts nous y
adhérons, comment dire, aux 2/3.
Bien sur, Strasbourg doit rayonner par la culture, la
médiathèque Austerlitz, le centre d’illustration Tomi Ungerer en seront des
vecteurs, pour le Zénith, nous avons déjà dit nos réserves sur ce projet
déséquilibré qui par sa surface fera essentiellement un étalement de
parkings pris aux terres agricoles, nous n’y reviendrons pas.
Oui, Strasbourg doit être davantage un pôle d’attractivité
dans l’enseignement, la recherche, les langues et l’enseignement
international : nous partageons cet objectif en répétant bien sûr que c’est
aussi en renforçant son bilinguisme que l’Alsace consolidera sa légitimité
européenne si particulière.
Oui enfin, Strasbourg doit être mieux accessible.
Mais c’est justement là que nos bémols deviennent nettement
dissonants : certes il y a la deuxième phase du tram-train entre Strasbourg
et Entzheim qui permettra qu’on sorte de cette logique infernale qui fait
que plus de 90% de ceux qui prennent l’avion à Strasbourg prennent d’abord
la voiture, mais pour le reste c’est essentiellement de la route, encore de
la route, toujours de la route. Vraiment contre-productif si on entend en
même temps favoriser le transfert du mode routier comme l’évoque le rapport
présenté.
Le carrefour de Fegersheim sur la nouvelle D1083 est certes
un point noir que l’Etat a laissé traîner jusqu’au transfert, il faut le
dire. Pour autant on ne peut pas y faire tout et son contraire : améliorer
la fluidité du transit ce serait continuer à encourager les camions à passer
par là plutôt que par la VRPV, on a pu lire ce matin le bilan noir des
reports venus d’Allemagne.
La rocade Sud-Ouest que nos voisins n’ont aucune intention de
prolonger par un axe de calibre autoroutier, serait en réalité l’autre nom
du GCO dans sa bifurcation vers l’Allemagne, gaspillant un argent public qui
serait bien mieux employé à réparer la Vigie. D’ailleurs, ceux qui auront lu
l’avis spécialement réservé du commissaire enquêteur auront relevé qu’il
subordonne ce projet à la réalisation d’un dispositif anti-bruit sur toute
la façade Sud de l’A35 depuis l’échangeur de Geispolsheim jusqu’à la voie
ferrée ce qui sera une affaire au moins aussi lourde que le mur anti-bruit
si problématique d’Ostwald : je ne crois pas que le financement soit prévu
pour l’instant dans quelque contrat que ce soit avec l’Etat.
Enfin, la liaison du Port-Nord au Port-Sud, si elle est
motivée par des objectifs affichés acceptables, nous fait craindre une
rocade Est qui saccagerait la zone verte de la Robertsau.
Voilà nos remarques. Oui à « Strasbourg ville européenne »,
mais non, ça ne peut pas être « Strasbourg ville routière », voilà pourquoi
les Verts s’abstiendront.
Jacques FERNIQUE
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