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Intervention en séance de Jacques FERNIQUE
Monsieur le Président, chers Collègue,
Je suis assez interloqué par la façon dont cette question du nucléaire est
abordée à l’improviste en toute fin de séance.
Certes Monsieur le Ministre ici présent répond maintenant à un courrier mais
nous ne pouvons pas en rester là, nous ne pouvons pas en rester à sa seule
intervention. Soyons clairs, si cette question de la centrale nucléaire de
Fessenheim est abordée aujourd’hui, et tant mieux s’il est possible de
prononcer le nom de la centrale de Fessenheim dans cette enceinte, c’est
d’abord parce que 110 élus d’Alsace ont signé un appel solennel pour la
fermeture de la centrale, parce que 110 élus ont choisi de refuser la
posture de l’autruche, parce qu’ils refusent de poursuivre l’acharnement
thérapeutique sur cette vieille centrale en bout de course.
Oui je sais, M. Heider, il n’y en a que 110 pour l’instant, je sais que le
service de communication d’EDF a fait mouliné ses ordinateurs et calculé le
pourcentage de signataires par rapport au total des grands électeurs. Mais
je sais surtout que cet appel qui regroupe certes la totalité des élus
verts, mais surtout de nombreux élus de couleurs diverses, venus de l’UDF,
des socialistes et d’ailleurs, marque une exigence politique forte qu’on ne
peut négliger.
Certes les grands choix énergétiques de notre pays, et donc l’avenir de
Fessenheim, ne relèvent pas de nos compétences, mais nous savons bien que
c’est d’abord à nous que nos concitoyens demanderont des comptes s’il arrive
quoi que ce soit à la centrale. Nous sommes bien en première ligne. Alors,
moi je demande qu’on fasse les choses sérieusement : que notre Assemblée
interroge et auditionne les responsables d’EDF, qu’elle entende de façon
pluraliste les positions sur la question.
Oui nos concitoyens veulent que ce sujet ne soit pas délaissé par le
politique. Le sondage eurobaromètre qui vient de sortir en janvier montre
que seulement 12% des européens pensent que « le développement de l’énergie
nucléaire apporterait une réponse satisfaisante aux défis actuels posés par
la sécurité d’approvisionnement en énergie, l’augmentation de la
consommation d’énergie et le changement climatique ». Alors on pourrait se
dire, ce sont les Européens, les Français eux sont davantage favorables : et
bien pas du tout, les Français ne le pensent eux qu’à 8% !
Jacques FERNIQUE
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