Séance plénière du 31 mars 2006

 
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Intervention en séance de Jacques FERNIQUE

 

 

 

Monsieur le Président, chers Collègue,

 

Je suis assez interloqué par la façon dont cette question du nucléaire est abordée à l’improviste en toute fin de séance.

 

Certes Monsieur le Ministre ici présent répond maintenant à un courrier mais nous ne pouvons pas en rester là, nous ne pouvons pas en rester à sa seule intervention. Soyons clairs, si cette question de la centrale nucléaire de Fessenheim est abordée aujourd’hui, et tant mieux s’il est possible de prononcer le nom de la centrale de Fessenheim dans cette enceinte, c’est d’abord parce que 110 élus d’Alsace ont signé un appel solennel pour la fermeture de la centrale, parce que 110 élus ont choisi de refuser la posture de l’autruche, parce qu’ils refusent de poursuivre l’acharnement thérapeutique sur cette vieille centrale en bout de course.

 

Oui je sais, M. Heider, il n’y en a que 110 pour l’instant, je sais que le service de communication d’EDF a fait mouliné ses ordinateurs et calculé le pourcentage de signataires par rapport au total des grands électeurs. Mais je sais surtout que cet appel qui regroupe certes la totalité des élus verts, mais surtout de nombreux élus de couleurs diverses, venus de l’UDF, des socialistes et d’ailleurs, marque une exigence politique forte qu’on ne peut négliger.

 

Certes les grands choix énergétiques de notre pays, et donc l’avenir de Fessenheim, ne relèvent pas de nos compétences, mais nous savons bien que c’est d’abord à nous que nos concitoyens demanderont des comptes s’il arrive quoi que ce soit à la centrale. Nous sommes bien en première ligne. Alors, moi je demande qu’on fasse les choses sérieusement : que notre Assemblée interroge et auditionne les responsables d’EDF, qu’elle entende de façon pluraliste les positions sur la question.

 

Oui nos concitoyens veulent que ce sujet ne soit pas délaissé par le politique. Le sondage eurobaromètre qui vient de sortir en janvier montre que seulement 12% des européens pensent que « le développement de l’énergie nucléaire apporterait une réponse satisfaisante aux défis actuels posés par la sécurité d’approvisionnement en énergie, l’augmentation de la consommation d’énergie et le changement climatique ». Alors on pourrait se dire, ce sont les Européens, les Français eux sont davantage favorables : et bien pas du tout, les Français ne le pensent eux qu’à 8% !

 

Jacques FERNIQUE