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Intervention de Djamila Sonzogni
M. le préfet,
M. le président,
Je me sens une fille de la République. Mais tous les français
de l’immigration ne partagent pas ce sentiment.
La politique de l’intégration menée par les gouvernements
successifs a été insuffisante, c’est mon avis mais aussi celui de la cour
des comptes qui la constate point par point dans un rapport très détaillé et
chiffré, que ce soit au niveau e l’insertion professionnelle, de l’accession
au logement, de la réussite scolaire, tout simplement de la place qui a été
faite aux immigrés et à leurs enfants dans notre société…
Cette politique a trop été un enjeu politicien, ballotté
parfois hélas en fonction des scores de l’extrême droite : elle a sans arrêt
subie des remises en causes, des reculs, des ruptures, sans oublier la
décentralisation mal assumée.
La politique de l’intégration ne doit pas ressembler à une
partie de ping-pong… à des balles qu’on lance pour faire peur ou pour
rassurer l’opinion publique dans un contexte donné.
Derrière, il y a des être humains.
La vague de violence qui a secoué nos quartiers populaires
est d’une certaine façon une conséquence de cette partie de ping-pong.
Ma solidarité et mon soutien vont en premier lieu aux
victimes, les habitants des quartiers populaires qui ont subi un traumatisme
moral et matériel du fait de cette situation.
L’Etat d’urgence instauré pour trois mois ne réglera pas ce
problème de fond. Il ne fait que stigmatiser encore plus une population déjà
montrée du doigt et je remercie ceux à qui on doit le fait de ne pas l’avoir
instauré en Alsace.
J’en arrive à mes questions
Au niveau de l’insertion sociale qui concerne les immigrés,
leurs enfants mais aussi des français dits de souche vous avez mis en place
la Dotation de Solidarité Urbaine, comment allez-vous vous assurer que ces
sommes soient bien destinées aux personnes els plus en difficultés ?
Par rapport à l’accompagnement à la scolarité, de plus en
plus d’associations abandonnent ou diminuent leurs activités faute de
financement. Pourtant dans le cadre du plan de cohésion sociale, il
existe un volet Equipe de Réussite Educative. Comment comptez-vous le mettre
en application, comment pouvons nous être assurés que les subventions soient
utilisées à bon escient, au bon endroit et rapidement ?
Par rapport aux discriminations, comment comptez-vous vous y
prendre avec le monde économique et pour que les paroles deviennent des
actes ?
Par rapport à l’apprentissage que vous voulez élargir aux
jeunes de 14 ans, vous n’êtes pas sans savoir que l’accès à l’alternance est
déjà difficile pour ne pas dire fermé aux jeunes issus de l’immigration.
Comment allez-vous travailler avec les entreprises pour combattre ces
préjugés ?
Ma dernière question (mais j’en aurai beaucoup d’autres)
concerne la formation Français Lange Etrangère et savoirs de base que l’Etat
a laissé aux régions.
Entre les dispositifs de formation linguistique de base
(assurés par les associations de proximité et les csc avec de plus en plus
de difficultés financières) et les formations schtampélisées formation
professionnelle, il manque un volet. Je parle de toutes ces formations
intensives d’apprentissage de langue avec plongeon dans les entreprises qui
ont fait leur preuves ! pour 2006, c’est 1500 places en moins Que faire au
niveau de l’Etat et de la Région pour que ces dispositifs se remettent en
place ?
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