Séance plénière du 21 novembre 2005

 
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Intervention de Djamila Sonzogni

 

M. le préfet,

M. le président,

 

Je me sens une fille de la République. Mais tous les français de l’immigration ne partagent pas ce sentiment.

La politique de l’intégration menée par les gouvernements successifs a été insuffisante, c’est mon avis mais aussi celui de la cour des comptes qui la constate point par point dans un rapport très détaillé et chiffré, que ce soit au niveau e l’insertion professionnelle, de l’accession au logement, de la réussite scolaire, tout simplement de la place qui a été faite aux immigrés et à leurs enfants dans notre société…

 

Cette politique a trop été un enjeu politicien, ballotté parfois hélas en fonction des scores de l’extrême droite : elle a sans arrêt subie des remises en causes, des reculs, des ruptures, sans oublier la décentralisation mal assumée.

 

La politique de l’intégration ne doit pas ressembler à une partie de ping-pong… à des balles qu’on lance pour faire peur ou pour rassurer l’opinion publique dans un contexte donné.

 

Derrière, il y a des être humains.

 

La vague de violence qui a secoué nos quartiers populaires est d’une certaine façon une conséquence de cette partie de ping-pong.

 

Ma solidarité et mon soutien vont en premier lieu aux victimes, les habitants des quartiers populaires qui ont subi un traumatisme moral et matériel du fait de cette situation.

 

L’Etat d’urgence instauré pour trois mois ne réglera pas ce problème de fond. Il ne fait que stigmatiser encore plus une population déjà montrée du doigt et je remercie ceux à qui on doit le fait de ne pas l’avoir instauré en Alsace.

 

J’en arrive à mes questions

 

Au niveau de l’insertion sociale qui concerne les immigrés, leurs enfants mais aussi des français dits de souche vous avez mis en place la Dotation de Solidarité Urbaine, comment allez-vous vous assurer que ces sommes soient bien destinées aux personnes els plus en difficultés ?

 

Par rapport à l’accompagnement à la scolarité, de plus en plus d’associations abandonnent ou diminuent leurs activités faute de financement.  Pourtant dans le cadre du plan de cohésion sociale, il existe un volet Equipe de Réussite Educative. Comment comptez-vous le mettre en application, comment pouvons nous être assurés que les subventions soient utilisées à bon escient, au bon endroit et rapidement ?

 

Par rapport aux discriminations, comment comptez-vous vous y prendre avec le monde économique et pour que les paroles deviennent des actes ?

 

Par rapport à l’apprentissage que vous voulez élargir aux jeunes de 14 ans, vous n’êtes pas sans savoir que l’accès à l’alternance est déjà difficile pour ne pas dire fermé aux jeunes issus de l’immigration. Comment allez-vous travailler avec les entreprises pour combattre ces préjugés ?

 

Ma dernière question (mais j’en aurai beaucoup d’autres) concerne la formation Français Lange Etrangère et savoirs de base que l’Etat a laissé aux régions.

Entre les dispositifs de formation linguistique de base (assurés par les associations de proximité et les csc avec de plus en plus de difficultés financières) et les formations schtampélisées formation professionnelle, il manque un volet. Je parle de toutes ces formations intensives d’apprentissage de langue avec plongeon dans les entreprises qui ont fait leur preuves ! pour 2006, c’est 1500 places en moins Que faire au niveau de l’Etat et de la Région pour que ces dispositifs se remettent en place ?