Séance plénière du 21 octobre 2005

 
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Intervention de Djamila Sonzogni

 

Monsieur le Président


Je constate que le budget de la formation professionnelle a augmenté de 15% et c'est très bien.

Paradoxalement, alors que le budget augmente, certaines catégories de demandeurs d'emploi sont exclus de notre dispositif.

En 2005, les formations Français Langue Etrangère et savoir de base ont quasiment disparu, et ne sont pas remplacées. On peut compter d'ores et déjà entre 1000 et 1500 places en moins. Si rien n'est fait ces formations seront inexistantes en 2006.

Ce ne sont pas les quelques actions de Français Langue Etrangère Sectorielles, c'est à dire un peu de linguistique dans une formation de technicien de surfaces, qui sont beaucoup moins nombreuses, mal réparties sur le territoire et qui ne répondent qu'à une toute petite partie des besoins de ce public qui vont compenser.

Le public concerné par ces formation sont des immigrés à la recherche d'un emploi, en grand en grande partie des femmes pour qui l'apprentissage de notre langue est une condition incontournable pour accéder à l'emploi.

Le budget de la région, en terme de formation professionnelle est de 55??? millions d'euros. Or, les besoins pour assurer ces deux types de formation (Français Langue Etrangère  et savoir de base) sont estimés entre 2 et 3 millions d'euros, dont la moitié peut être prise en charge par le FSE. Il ne resterait à la Région que 1,5 millions d'euros à prendre à sa charge soit moins de 2% du budget.

Un autre public ne profite pas des offres régionales de formation, ce sont les allocataires de minimas sociaux, les chômeurs en fin de droits ASS, les rmistes, les API allocation parent isolé. Les allocataires de minima sociaux augmentent chaque année de façon importante et par conséquent ils sont de plus en plus nombreux à solliciter la région pour un accès à la formation et une rémunération décente. Ne serait-il pas opportun d'augmenter les places que nous leur réservons par stage, ne serait-il pas opportun de revoir nos critères pour leur permettre d'accéder à une rémunération (par un complément ou un ajustement) qui leur permette de suivre la formation dans des conditions financières décentes ?

Pour vous illustrer les incohérences de nos critères voici les exemples auxquels nous sommes confrontés : une personne vivant seule avant trois enfants avec 800 euros donc largement sous le seuil à ne pas dépasser pour pouvoir prétendre à une rémunération de la région, parce qu'elle est allocataire de minimas sociaux ne sera pas rémunénrée durant sa formation ni par la région ni par aucune autre institution publique !

Est-ce que les immigrés ne maîtrisant pas notre langue, est-ce que les allocataires de minimas sociaux ne sont-il pas des demandeurs d'emploi au même titre que les autres ?

Est-ce que vous envisagez de mettre en place des actions ciblées pour ces publics les plus loin de l'emploi dans le cadre de l'offre régionale de la formation professionnelle sachant qu'aucune autre institution publique ne le fera ?