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Intervention de Djamila Sonzogni
Monsieur le Président
Je constate que le budget de la formation professionnelle a augmenté de 15%
et c'est très bien.
Paradoxalement, alors que le budget augmente, certaines catégories de
demandeurs d'emploi sont exclus de notre dispositif.
En 2005, les formations Français Langue Etrangère et savoir de base ont
quasiment disparu, et ne sont pas remplacées. On peut compter d'ores et déjà
entre 1000 et 1500 places en moins. Si rien n'est fait ces formations seront
inexistantes en 2006.
Ce ne sont pas les quelques actions de Français Langue Etrangère
Sectorielles, c'est à dire un peu de linguistique dans une formation de
technicien de surfaces, qui sont beaucoup moins nombreuses, mal réparties
sur le territoire et qui ne répondent qu'à une toute petite partie des
besoins de ce public qui vont compenser.
Le public concerné par ces formation sont des immigrés à la recherche d'un
emploi, en grand en grande partie des femmes pour qui l'apprentissage de
notre langue est une condition incontournable pour accéder à l'emploi.
Le budget de la région, en terme de formation professionnelle est de 55???
millions d'euros. Or, les besoins pour assurer ces deux types de formation
(Français Langue Etrangère et savoir de base) sont estimés entre 2 et
3 millions d'euros, dont la moitié peut être prise en charge par le FSE. Il
ne resterait à la Région que 1,5 millions d'euros à prendre à sa charge soit
moins de 2% du budget.
Un autre public ne profite pas des offres régionales de formation, ce sont
les allocataires de minimas sociaux, les chômeurs en fin de droits ASS, les
rmistes, les API allocation parent isolé. Les allocataires de minima sociaux
augmentent chaque année de façon importante et par conséquent ils sont de
plus en plus nombreux à solliciter la région pour un accès à la formation et
une rémunération décente. Ne serait-il pas opportun d'augmenter les places
que nous leur réservons par stage, ne serait-il pas opportun de revoir nos
critères pour leur permettre d'accéder à une rémunération (par un complément
ou un ajustement) qui leur permette de suivre la formation dans des
conditions financières décentes ?
Pour vous illustrer les incohérences de nos critères voici les exemples
auxquels nous sommes confrontés : une personne vivant seule avant trois
enfants avec 800 euros donc largement sous le seuil à ne pas dépasser pour
pouvoir prétendre à une rémunération de la région, parce qu'elle est
allocataire de minimas sociaux ne sera pas rémunénrée durant sa formation ni
par la région ni par aucune autre institution publique !
Est-ce que les immigrés ne maîtrisant pas notre langue, est-ce que les
allocataires de minimas sociaux ne sont-il pas des demandeurs d'emploi au
même titre que les autres ?
Est-ce que vous envisagez de mettre en place des actions ciblées pour ces
publics les plus loin de l'emploi dans le cadre de l'offre régionale de la
formation professionnelle sachant qu'aucune autre institution publique ne le
fera ?
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