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Intervention de Philippe Carbiener
Le Développement durable est le concept adéquat pour fonder le nouveau
développement territorial que la situation exige. Cette intention s’affirme
dans vos propos Monsieur le Président, mais peine à se concrétiser.
Nous souscrivons à l’essentiel des formulations qui figurent dans la notice
de votre DOB. Cependant, nous dénonçons le hiatus constant qui existe
entre les annonces de la notice et les rapports aux inscriptions
tangibles telles que celles figurant au gré des lignes de votre projet de
budget.
Nous vous en citerons seulement quelques exemples :
- en matière de politique agricole, c’est un choix
productiviste qui est entièrement consacré au soutien aux productions
végétales et animales.
Seuls 6 % de ce budget est dévolu au soutien à l’agriculture biologique
alors qu’une aide plus affirmée s’imposerait au lieu et place de la vague
ligne « préoccupation environnementale » figurant par ailleurs.
Le soutien au TER ne saurait se réduire à celui au TGV et transports
voyageurs que nous appelons de nos vœux, alors que des investissements en
faveur du frêt si nécessaires, ne sont pratiquement pas prévus.
Surtout nous déplorons l’extinction de la ligne Life Rhin. Les
évènements de la Nouvelle Orléans nous ont montré où menait
une artificialisation que l’on néglige de compenser conjuguée avec un défaut
d’investissement en grand travaux écologiques. Des scientifiques avaient
parfaitement prévu les conséquences de la catastrophe là-bas, faute de tels
budgets et le cas du Rhin en Alsace relève de la même problématique.
L’année 2006 est une année de transition par rapport au programme européen
mais elle eut du se traduire par des inscriptions budgétaires en faveur
d’études de renaturation et d’évaluation des travaux déjà effectués lors du
programme précédent.
Certes le budget environnement augmente de moitié et cette hausse est
affectée exclusivement aux Energies Renouvelables.
Vous connaissez notre attachement à cet axe d’effort et notre implication
locale et trouvons ces projets nécessaires.
Cependant, nous jugeons que l’affectation intégrale du budget prévue aux
seules énergies renouvelables correspond à une vision
singulièrement datée, aujourd’hui, pour 2006.
Nous prônons
une articulation de cette orientation avec une politique de maîtrise de
l’énergie, de sobriété et de développement de l’efficacité énergétique.
Faute de quoi, une affectation totale du budget énergie aux Energies
Renouvelables ne correspondrait pas à une allocation optimale de ressources
financières que nous devons gérer.
De veiller à développer une plus grande synergie du budget environnement
grâce à une meilleure articulation avec les autres lignes de votre
budget telle celle qui en matière économique s’intitule « Diffusion de
nouvelles technologies » et « Evolution et planification des politiques
régionales ».
Il est nécessaire d’imprimer désormais une vision transversale aux
politiques menées par la Région Alsace, faute d’une telle infléxion,
celles-ci resteront vouées à l’échec. |