Séance plénière du 21 octobre 2005

 
   Les conseillers régionaux
 Accueil

 Interventions publiques
 Agenda
 Dossiers
 Intergroupe PS-Verts
 Liens
 Contacts
 Le Blog
 Rechercher sur le site
         
     

Intervention d’Andrée Buchmann

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Permettez-moi deux remarques concernant notre politique culturelle :

 

1.- L’Alsace est une région active dans ce domaine, avec une grande variétés d’acteurs professionnels, semi-professionnels et amateurs et notre collectivité accompagne ce dynamisme.

 

Néanmoins la manière dont nous pratiquons le subventionnement n’est pas satisfaisant. En effet, les demandeurs nous font parvenir un budget prévisionnel et au lieu de leur accorder une somme fixe, nous leur attribuons un pourcentage sur le réalisé.

 

Autant je comprends le souci de l’Assemblée précédente de trouver un chemin pour assurer l’adéquation entre le besoin et le versement, et éviter des dérives de subvention dans le souci de bonne gestion des deniers publics, autant ce système me semble pénalisant pour les associations. Nous sommes régulièrement saisis par les demandeurs des difficultés que notre méthode leur occasionne.

 

Je suis convaincue que nous pouvons établir des relations de dialogue et de confiance avec les acteurs de la vie culturelle qui nous permettrons de trouver un modus vivendi accepté par les deux parties et mettre en œuvre une nouvelle manière de procéder dès le budget 2006.

 

2.- Vous réaffirmez le soutien à l’identité régionale  notamment à travers l’OLCA. Nous partageons cet objectif. Néanmoins nous ne pouvons, et ce point de vue est partagé par une grande partie des membres de la Commission culture, son Président ne me démentira pas, accepter que la mission de l’OLCA soit réduite à la promotion de l’identité régionale sous la forme de l’alsacien et du français.

 

L’identité alsacienne  bénéficie du privilège de disposer de trois expressions idiomatiques : Le français, les parlers alsaciens, et l’allemand.

 

Ce bilinguisme représente un atout économique fantastique pour l’Alsace, sur lequel nous avons pu surfer jusque maintenant. Malheureusement de moins en moins de locuteurs alsaciens sont bilingues. Les contre-coups commencent à se ressentir :

-         la Chambre de Commerce et d’Industrie a lancé un cri d’alarme public en juillet

-         le CESA, auditionné avant d’hier sur notre politique touristique, a mis en avant le manque de compétence linguistique des professionnels de ce secteur… Il ne suffit pas de réaliser des plaquettes en anglais et français, mais aussi en allemand.

-         Le recrutement des frontaliers est en chute également pour des manques de compétences linguistiques.

 

Nous sommes à un tournant. Mais la bataille n’est pas perdue. En faisant maintenant l’effort dans tous les secteurs : écoles, formation professionnelle, formation continue, vie quotidienne… Nous pouvons obtenir le basculement en créant l’environnement linguistique favorable.

 

Et je voudrais aussi terminer mon intervention par une référence, et c’est à un de nos auteurs les plus brillants, André Weckmann qui a rappelé, dans son ouvrage : « Langue d’Alsace », que le bilinguisme est aussi une ouverture au multilinguisme, et qu’il s’agit d’être en phase avec celles et ceux qui viennent d’ailleurs. Car est alsacien celui qui a choisi de vivre ici et de l’être ; Quel que soit son nm et d’où qu’il vienne.

 

D’autant que les alsaciens d’adoption apprennent souvent le dialecte,  font suivre à leurs enfants l’enseignement bilingue et surtout sont en contact avec le monde entier, à travers leur origine, et peuvent représenter des ambassadeurs de l’Alsace dans leur pays d’origine et des relais pour notre présence culturelle et économique dans le monde.