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Intervention d’Andrée Buchmann
Monsieur le
Président,
Permettez-moi deux remarques concernant notre politique culturelle :
1.- L’Alsace
est une région active dans ce domaine, avec une grande variétés d’acteurs
professionnels, semi-professionnels et amateurs et notre collectivité
accompagne ce dynamisme.
Néanmoins la
manière dont nous pratiquons le subventionnement n’est pas satisfaisant. En
effet, les demandeurs nous font parvenir un budget prévisionnel et au lieu
de leur accorder une somme fixe, nous leur attribuons un pourcentage sur le
réalisé.
Autant je
comprends le souci de l’Assemblée précédente de trouver un chemin pour
assurer l’adéquation entre le besoin et le versement, et éviter des dérives
de subvention dans le souci de bonne gestion des deniers publics, autant ce
système me semble pénalisant pour les associations. Nous sommes
régulièrement saisis par les demandeurs des difficultés que notre méthode
leur occasionne.
Je suis
convaincue que nous pouvons établir des relations de dialogue et de
confiance avec les acteurs de la vie culturelle qui nous permettrons de
trouver un modus vivendi accepté par les deux parties et mettre en œuvre une
nouvelle manière de procéder dès le budget 2006.
2.- Vous
réaffirmez le soutien à l’identité régionale notamment à travers l’OLCA.
Nous partageons cet objectif. Néanmoins nous ne pouvons, et ce point de vue
est partagé par une grande partie des membres de la Commission culture, son
Président ne me démentira pas, accepter que la mission de l’OLCA soit
réduite à la promotion de l’identité régionale sous la forme de l’alsacien
et du français.
L’identité
alsacienne bénéficie du privilège de disposer de trois expressions
idiomatiques : Le français, les parlers alsaciens, et l’allemand.
Ce
bilinguisme représente un atout économique fantastique pour l’Alsace, sur
lequel nous avons pu surfer jusque maintenant. Malheureusement de moins en
moins de locuteurs alsaciens sont bilingues. Les contre-coups commencent à
se ressentir :
-
la Chambre de Commerce et d’Industrie a lancé un cri d’alarme public
en juillet
-
le CESA, auditionné avant d’hier sur notre politique touristique, a
mis en avant le manque de compétence linguistique des professionnels de ce
secteur… Il ne suffit pas de réaliser des plaquettes en anglais et français,
mais aussi en allemand.
-
Le recrutement des frontaliers est en chute également pour des
manques de compétences linguistiques.
Nous sommes
à un tournant. Mais la bataille n’est pas perdue. En faisant maintenant
l’effort dans tous les secteurs : écoles, formation professionnelle,
formation continue, vie quotidienne… Nous pouvons obtenir le basculement en
créant l’environnement linguistique favorable.
Et je
voudrais aussi terminer mon intervention par une référence, et c’est à un de
nos auteurs les plus brillants, André Weckmann qui a rappelé, dans son
ouvrage : « Langue d’Alsace », que le bilinguisme est aussi
une ouverture au multilinguisme, et qu’il s’agit d’être en phase avec celles
et ceux qui viennent d’ailleurs. Car est alsacien celui qui a choisi de
vivre ici et de l’être ; Quel que soit son nm et d’où qu’il vienne.
D’autant que
les alsaciens d’adoption apprennent souvent le dialecte, font suivre à
leurs enfants l’enseignement bilingue et surtout sont en contact avec le
monde entier, à travers leur origine, et peuvent représenter des
ambassadeurs de l’Alsace dans leur pays d’origine et des relais pour notre
présence culturelle et économique dans le monde.
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