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Intervention de Jacques Fernique sur la politique régionale de
l’Europe
Monsieur le Président, chers collègues,
Ce débat est très important, il faut cependant
le mener avec nuance en prenant garde à ce qu’il ne laisse pas croire
que c’est seule l’Europe qui aurait l’essentiel des moyens financiers et
politiques pour contribuer fortement au développement économique et à
l’emploi. Prenons garde à ne pas alimenter cette dérive actuelle qui met
tout sur le dos d’une Europe en construction et qui dédouanerait les
Etats et les collectivités qui ont globalement bien plus de moyens. Que
peut l’Europe ? Tant que son niveau de fédéralisme sera si faible avec
un budget limité à 1% du PIB des 25, l’Europe ne pourra que peu de
chose. On peut donc comprendre dans le contexte de l’élargissement
massif aux pays d’une Europe réunifiée et qui n’est plus terre de
totalitarisme, face au refus des Etats d’augmenter le budget de l’Union,
on peut comprendre la tentation de concentrer dorénavant les aides que
sur les seuls pays et les seules régions qui en ont le plus besoin. Même
s’il faut effectivement éviter un saupoudrage inopérant, il nous semble
pourtant important que les régions en difficulté des pays les mieux
lotis ne se sentent pas abandonnées, ne se sentent plus protégées. Ce
serait désastreux et pour notre cohésion économique et sociale et pour
la conscience publique européenne qui est hélas encore bien fragile.
C’est pour cela que nous rejoignons l’esprit qui
anime votre résolution.
Nous souhaitons y apporter notre contribution
sous forme d’un amendement. En effet, il ne serait pas bon surtout
aujourd’hui, de laisser croire que nous serions disposés à répondre à
tout chantage à l’emploi, il ne serait pas bon de laisser croire que
nous encouragerions les profiteurs d’aubaine à rafler la mise avant de
filer. Trop d’exemples de ce type ont fini par échauder l’opinion.
Nous proposons donc pour bien montrer que notre
volonté n’est pas de socialiser les pertes et de privatiser les profits
mais bien de maintenir et de gagner des emplois, nous proposons de
compléter le 5ème tiret « sollicite un encadrement strict des
aides… » par les mots suivants : « et demande qu’en cas de
délocalisation ultérieure à court ou à moyen terme le remboursement des
aides obtenues soit de rigueur. ».
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