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Intervention d’Andrée Buchmann sur la politique de
l’Habitat
Monsieur le Président, chers collègues,
La politique du Logement ne relève pas de la
compétence de la Région. Néanmoins le Conseil régional s’est doté d’un
certain nombre de dispositifs dans ce secteur. Il aurait pu se contenter
d’ accompagner la politique de l’Etat ; il a choisi d’utiliser sa part
d’intervention comme levier. Et nous ne pouvons que saluer cette
attitude.
En effet, l’Alsace est confrontée à un
sextuple défi :
-
proposer des logements sociaux à une population de plus en
plus fragilisée
-
assurer une répartition territoriale plus équilibrée
-
maintenir les cœurs d’agglomération et permettre une offre
locative en milieu rural, dans une approche de mixité sociale et
d’origine
-
développer la qualité environnementale de la construction
-
réduire la consommation d’espace
-
promouvoir un l’aménagement du territoire à l’échelle du
Rhin Supérieur.
La situation du logement est très tendue en
Alsace, avec une explosion du prix du foncier.
L’accord cadre Etat –Région Alsace et
Départements prévoit la construction de 13.000 logements sociaux dans
les 5 ans, soit 2600 logements par an en moyenne, ce qui est important
comparé aux 1100 logements réalisés en 2000.
Le scoters fait état de la nécessité de
construire, sur son territoire, 4 000 logements par an.
Par ailleurs les taux de vacance des logements,
en diminution dans le reste de la France, sont en augmentation en
Alsace. 10% à Strasbourg, qui atteint 20% dans les quartiers centraux.
Dans les villages, il y a autant de bâtiments
vacants qu’utilisés.
Il est extrêmement difficile de concilier la
qualité et la quantité.
De surcroît nous sommes confrontés à une
pression très forte sur le milieu lié à notre situation dans le Rhin
supérieur : forte densité en Alsace (+ de 300h en plaine), au Pays de
Bade (+ de 500 ha au km2) et maintenant de la Suisse ( + de 1 000
ha/km2), pression accrue depuis qu’autorisation a été donnée aux Suisses
d’installer des résidences principales en France.
A cela s’ajoute un solde migratoire positif.
Habitat implique aussi infrastructures (écoles,
routes…).
A l’heure actuelle, 1000 ha de terres sont
consommées par an en Alsace. La demande de terrain va croissant, et
malgré les propos affichés de volonté de diminuer la consommation
d’espace, rien de vraiment efficace n’est mis en œuvre.
A titre d’exemple, une nouvelle zone d’activité
est en cours de réalisation à hauteur de Sélestat, pour accueillir un
supermarché.
Le grand contournement ouest correspondra à la
consommation de l’équivalent du ban communal de Kolbsheim, sans compter
ce qu’il va induire.
Le Zénith de Strasbourg verra les 2/3 du
terrain occupé par le parking.
Nous sommes toujours dans la culture du
gaspillage d’espace.
Il devient plus d’urgent de changer de braquet
et de mettre au cœur de la discussion l’objectif d’ une réelle politique
en faveur de l’économie d’espace, sérieuse, de s’y tenir et de se doter
des outils nécessaires, notamment d’un outil de maîtrise foncière. Et
d’engager le débat au niveau du Rhin supérieur.
L’Allemagne a mis en place au niveau fédéral une
stratégie de réduction de consommation d’espace dont la réalisation est
confiée aux Länder.
Actuellement sont consommés en Allemagne 105
ha /j. L’objectif est de passer en 2020 à 30h/j.
Pour le Bade Würtemberg, qui est actuellement à
30ha/j, l’objectif fixé est de 10ha/j.
Cela va faire pour l’espace comme pour les
camions : l’Alsace va servir de zone de délestage pour les
infrastructures, la construction etc…
Nous avons encore le temps d’anticiper !
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en fixant des objectifs concrets,
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en se dotant de outils pour y parvenir, notamment un outil
de maîtrise foncière
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