Séance plénière
16 et 17 décembre 2004

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Intervention de Djamila Sonzogni

Politique Culturelle 6ème commission – séance plénière budget 2005

 

Monsieur le Président
Chers collègues

La culture est un élément fondamental dans la construction individuelle et collective. Je me réjouis de l’augmentation conséquente du budget de la région dans ce domaine.

Malheureusement, après la lecture attentive du budget primitif, je souhaite formuler une réserve à propos des musiques actuelles ou amplifiées.

Cela englobe un secteur vaste et riche, (musique du monde, reggae, rap, r and b, rock, métal, ragga, pop, musique électronique) mais aussi ce que produisent les artistes locaux. Ces musiques fédèrent un large public de jeunes et de moins jeunes, elles permettent même une mixité générationnelle, ethnique, sociale.

Elles sont omni-absentes dans le projet culturel régional. 

Même si la Région apporte son soutien ponctuellement à des projets – notamment les festivals – je constate qu’aucune des scènes de musiques actuelles d’Alsace n’est retenue comme opérateur culturel suffisamment important pour bénéficier d’une aide au fonctionnement. 

Pourtant, je peux vous assurer que la fréquentation de salles comme le Noumatrouff à Mulhouse ou la Laiterie à Strasbourg n’a rien à envier à celle d’une salle nationale.

Leur rayonnement est important, il dépasse largement la région.

Ce succès est assuré par un travail titanesque mené par des équipes composées en grande partie d’emplois précaires et du soutien de bénévoles faute de moyens suffisants.

Pourquoi la région n’a-t-elle aucune politique lisible et réelle lorsqu’il s’agit de musique du monde, de rock, de musique électronique, de pratiques amateurs amplifiées, bref de tout ce qui constitue ce segment culturel si important pour la jeunesse alsacienne.

La musique dans toutes ces expressions fait partie de la vie des Alsaciens. Il est temps de donner aux musiques actuelles la place qu’elles méritent aux côtés de l’opéra, de la musique classique et de la musique régionale.

Pour finir, je me réjouis de constater que les conclusions du Cesa vont dans le sens que cette intervention : il demande à la région, « une réflexion de fond pour promouvoir une politique de soutien à la culture, ayant pour but de toucher le plus grand nombre de personnes, et qui prenne en compte la diversité des cultures présentes sur le territoire ».


Djamila SONZOGNI
16 et 17 décembre 2004