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Intervention concernant la politique de la région en
matière de recherche
Intervention de Philippe Carbiener
En ce qui concerne
le budget de cette commission et des chapitres qu’on y trouve, on se
retrouve un peu dans la même situation que pour le budget général, en
formulant des critiques qui sont un peu de même nature.
Concernant la
recherche, le contexte national est très défavorable puisque les Régions
ont vocation à s’occuper de recherche appliquée. Mais la recherche
appliquée découle forcément des avancées en recherche fondamentale. Or,
cette année, le gouvernement vient de mettre en pièces les budgets de
recherche fondamentale au niveau national. Les efforts régionaux
risquent d’être bien fragiles à terme.
De manière générale,
on trouve dans ce budget un opportunisme de bon aloi, avec un soutien
économe en moyens et tout à fait justifié, à ce titre, à ce qui existe.
Mais cette politique de soutien à ce qui existe nous paraît insuffisant.
Il y a un effort
prospectif qui n’est pas à la hauteur. Dans un des rapports de la
Région, on lit: «l’activité s’articule en fonction des compétences des
équipes ».
Tous ces
projets sont vraiment trop proches du tissu présent des unités de
recherche et des entreprises actuelles. C’est une vision un peu
insuffisante, une politique insuffisante de ce point de vue.
Il faudrait faire
émerger des projets politiques propres répondant à l’intérêt public
affirmé qui permettrait, d’une part, de préparer l’avenir et, d’autre
part, de doter ces budgets d’une lisibilité avec un effet d’entraînement
accru. Actuellement, les différents laboratoires, les entreprises ont
fort à faire pour arriver à se débrouiller dans le maquis des
dispositifs existants, et ils ne savent pas toujours ce qui existe et ce
qui n’existe pas. Alors que, s’il y avait une politique régionale très
affirmée selon deux ou trois axes, ce problème disparaîtrait par
lui-même.
Nous trouvons que
l’accent mis par la Région dans le tissu existant en matière
d’automobile et de biotechnologie est justifié puisque ce sont des
secteurs qui ont le mérite d’exister. En particulier, pour l’automobile,
l’enjeu est d’éviter que ce secteur ne se délocalise dans des pays à
main d’oeuvre moins coûteuse. Mais, néanmoins, ce sont des secteurs très
fragiles à long terme. L’Automobile, on ne sera pas très bien ce qu’il
en sera au niveau commercial, au niveau du dynamisme économique dans
quelques années.
Au niveau des
biotechnologies, c’est l’inconnu total. On ne connaît pas de débouchés à
cette industrie. On ne connaît pas non plus de réalisations concrètes
qui répondent aux espérances qu’elle fait miroiter régulièrement.
li est frappant
d’observer que, concernant les biotechnologies, on finance Alsace
Biovalley à hauteur de 500.000 euros
alors que si
cette unité de recherche était véritablement en capacité de répondre aux
espoirs qu’on place en elle, elle trouverait facilement des financements
privés. Dans le noyau fondateur d’Alsace Biovalley, on trouve de grands
laboratoires pharmaceutiques qui ne sont pas réputés manquer de capitaux
pour investir dans la recherche. Il y a quand même, quelque part là, une
curiosité ou un motif d’inquiétude qui devrait nous rendre un peu plus
prudent sur ce dossier sans vouloir le faire disparaître du jour au
lendemain.
De manière générale,
la place des capitaux privés est un peu faible dans ce budget primitif,
Il y aurait sans doute des outils à mettre en place pour davantage
susciter ou solliciter le capital risque. On trouve un créneau trop
réduit pour ces acteurs économiques dans le domaine de la Recherche
-
Développement.
De même, en général,
nous trouvons que les budgets Recherche sont centrés trop exclusivement
sur les Sciences dures. Il est justifié de soutenir prioritairement les
sciences dures mais pas exclusivement, comme il se trouve que c’est le
cas. Au niveau des bourses, on n’observe très peu ou pratique pas ou de
manière anecdotique, des bourses affectées aux sciences humaines ou aux
sciences de la vie qui ne soient pas des sciences
«
la technologie du
vivant ».
Nous
souhaiterions qu’il y ait un amendement.
Je terminerai en
faisant quelques propositions
-
soutenir les
véritables sciences du vivant, c’est-à-dire pas uniquement celles qui se
dénomment ainsi de manière abusive, c’est-à-dire les biotechnologies,
les sciences autour de la biologie, de la géographie, de l’écologie, qui
sont délaissées de manière générale, alors qu’elles sont très riches de
connaissances utiles à la décision publique, connaissances qui nous
manquent cruellement aujourd’hui.
Il y aurait matière
pour la Région de se positionner:
-
de manière plus
concrète, il pourrait y avoir en Alsace un Pôle de Recherche avancée en
agriculture biologique, une agriculture qui répond vraiment aux défis du
futur, épuisement des ressources, promotion de la santé, promotion de
l’emploi, et qui n’a sans doute pas encore exploré (au bout de 30 ans
d’expérimentation associative) tout son potentiel technique.
-
Nous proposons
également de créer des pôles de compétence en phase avec les défis
écologiques du futur, ce qui permettrait de saisir, aujourd’hui, des
créneaux économiques d’avenir avant que d’autres Régions ne le fassent.
-
Il ne s’agit pas
seulement de soutenir des secteurs qui existent. L’avenir ne sera pas
constitué de ce qui existe aujourd’hui, ni même de ce qui est en
émergence, il faut savoir prendre des risques mesurés sur un ou deux
créneaux.
Concernant la vie
universitaire, il serait intéressant de réfléchir à un programme
pluriannuel qui mettrait l’accent sur la qualité de vie offerte aux
étudiants pour que notre Région se distingue des autres Régions, de
manière à assurer un rayonnement économique à moyen terme pour l’Alsace.
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