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Intervention concernant la politique de la Région en
matière d'Environnement
Intervention de Philippe Carbiener
J’interviens au nom de l’intergroupe pour ces différents rapports. Nous
avons des critiques à formuler. Nous trouvons que l’ensemble du rapport
en matière d’Environnement comprend de nombreuses bonnes mesures mais,
dans l’ensemble, assez vagues et qu’en matière agricole on ne voit pas
d’orientations politiques fortes qui soient assorties à ces mesures.
Surtout il y a une sorte d’incohérence entre ces deux rapports. Il
serait nécessaire que les mesures prises en faveur de l’agriculture et
de l’environnement foisonnent davantage.
Je lis,
par exemple, page 18 concernant l’eau : « l’état de la ressource reste
toutefois dégradé à un niveau qui demeure préoccupant, tant pour les
nitrates que pour les produits phytosanitaires ». Voilà à quoi peut nous
mener une politique agricole et une politique environnementale un peu
trop découplée.
Au
chapitre de la lutte contre la pollution des ressources naturelles, il y
a beaucoup de mesures (mesure de la qualité de l’eau, mesure de l’état
de l’air) mais ces mesures ne sont pas encore assorties d’actions, cela
ne veut pas dire que nous n’approuvons pas le fait de faire des mesures,
d’établir un état des lieux. C’est effectivement la phase 1 d’un plan
d’actions mais il serait temps que des mesures palliatives soient prises
dans ce domaine.
Pour
qu’il y ait une meilleure articulation entre la politique
environnementale et agricole, il serait important que la Région se dote
d’objectifs chiffrés et datés en matière de conversion vers de
l’agriculture biologique. Il ne s’agit pas simplement d’accompagner,
d’encourager. Il s’agit de susciter et de programmer des conversions
massives vers l’agriculture biologique pour atteindre une part
importante de la surface agricole utile de notre région. Pour le moment,
les conversions de l’agriculture biologique ne représentent qu’un
soutien à hauteur de 6 % du budget global de l’agriculture de la région
Alsace. Cela nous paraît trop peu par rapport à l’intérêt global d’une
telle politique.
En
matière agricole, nous émettons des réserves sur la politique de labels.
On y consacre 220.000 E. en fonctionnement et en investissement. Ces
labels ne sont pas porteurs de sens fort, Il faudrait que les labels
attachés à l’Alsace aient des moyens qui leur soient dévolus et un sens
marqué pour le consommateur, c’est-à-dire un véritable intérêt du point
de vue alimentaire et environnemental. Ce n’est pas le cas actuellement
avec une profusion de labels qui rend tout à fait illisible les efforts
assez importants qui sont consacrés à ce chapitre.
Concernant le chapitre Environnement, on peut se poser quelques
questions sur l’articulation entre les dépenses de fonctionnement et
d’investissement.
Concernant la ligne « préservation des milieux » ou la ligne « lutte
contre la pollution des ressources naturelles », on consacre 2,5 fois
plus de moyens en fonctionnement qu’en investissement. Je sais bien
qu’il y a beaucoup de dépenses de fonctionnement qui se justifient, mais
cela nous paraît un peu excessif et peut-être à revoir par le biais
d’une politique plus volontariste.
Toujours
en matière d’Environnement, il n’y a rien de prévu en investissement
pour la ligne financière de l’environnement en rapport avec le Rhin. On
augmente simplement les dépenses de fonctionnement.
Tout ce
qui a été réalisé jusqu’à présent, tout ce qui est programmé, est certes
louable mais n’est pas à la hauteur de l’enjeu et parfois un peu abusif.
On ne
peut pas toujours parler de « bras du Rhin » lorsqu’une part de ces bras
du Rhin ne sont pas connectés au fleuve. Certains le sont. D’autres ne
le sont pas. A partir du moment où ils ne sont pas connectés au fleuve,
on peut parler de remise en eau, ce qui a un intérêt, mais on ne peut
pas parler de renaturation du fleuve.
Nous
pouvons également déplorer que les éco-technologies soient en fait des «
pollu-technologies », on traite les pollutions. Il serait préférable de
les dénommer sous ce terme.
Dans le
chapitre Environnement, il y a une grande partie consacrée à l’énergie.
Nous saluons les efforts de la Région en faveur des énergies
renouvelables puisqu’ils commencent à porter leurs fruits, à s’inscrire
dans le paysage. Beaucoup de particuliers sont équipés en chauffe-eau
solaire. Le fait que l’aide régionale était une des plus faibles de
France les années précédentes, pouvait effectivement se justifier avec
une montée en puissance progressive.
Le
destin du photovoltaïque reste encore très flou dans le rapport présenté
puisqu’on ne sait pas ce que vont devenir les rapports avec I’ADEME !
On peut
déplorer qu’il n’y ait pas plus de système d’aides au système du
chauffage central combiné. S’il n’y a plus de système d’aides même
modiques, il n’y aura plus de contrôle des installateurs. Or, pour ces
opérations, il leur en faudrait un.
Au-delà
du solaire, il est à regretter qu’aucune ligne ne soit inscrite en
matière d’éolien - on a pourtant un potentiel qui n’est pas négligeable
sur la crête vosgienne - ou qu’il n’y ait absolument rien en matière de
prospective pour la géothermie superficielle qui permettrait, pour
certains lotissements, des réseaux de chaleur en thermie.
Nous
pensons qu’il faut aller au-delà en matière de politique d’énergies.
Il y a
des chapitres qui manquent au titre des énergies renouvelables, je viens
de les citer. Mais une bonne politique de l’énergie ne se réduit pas à
cela. Il y a d’autres biais. Par exemple, la cogénération. Vous prévoyez
des opérations de cogénération Bois mais il serait intéressant
d’encourager celles qui vont au-delà du Bois, par exemple la
cogénération gaz. On sait qu’il y a des difficultés actuellement dues
aux tarifs de rachat, dues à certains problèmes techniques.
La
cogénération, ce n’est pas que le Bois. Cela mérite d’être développé à
l’échelle régionale.
Il
faudrait qu’à l’échelle régionale il y ait un plan régional de maîtrise
de l’énergie (or, rien de tel n’est inscrit, si ce n’est de façon floue)
et un programme pluriannuel d’utilisation rationnelle de l’énergie et de
maîtrise de la demande d’électricité.
Nous
pensons qu’il ne sert pas à grand-chose de promouvoir les énergies
renouvelables si, par ailleurs, ces deux chapitres ne sont pas inscrits
de manière forte dans les programmes régionaux. Or, pour le moment, ces
distorsions se constatent et, malheureusement, obèrent les efforts en
matière d’énergies renouvelables.
Nous
proposons, en matière d’énergies, qu’il y ait une anticipation des
engagements clairs pour éviter le renforcement des réseaux électriques
auquel nous risquons d’être prochainement contraints. Ces efforts auront
des vertus en matière de baisse de la dépendance énergétique de l’Alsace
mais également au niveau de la qualité des paysages. Nous attendons un
plan régional de maîtrise de l’énergie d’ici à l’horizon 2010, qui
pourrait passer par un renforcement du Service Énergie, peut-être par la
création d’une Agence Régionale de l’Énergie qui serait dotée de moyens
supplémentaires.
En
fonction des éléments exposés, nous voterons contre le rapport sur
l’Agriculture et nous nous abstiendrons sur le rapport relatif à
l’Environnement.
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