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Intervention concernant la politique HQE du Conseil régional
Intervention de Jacques Bigot (PS)
préparée par Andrée Buchmann (Verts)
La région Alsace a été pionnière
dans le domaine de la Haute Qualité environnementale et a adopté dès
1997 une politique ambitieuse et complète. Elle a fait partie de
l’association nationale HQE dès la création de cette dernière et elle a
sorti le premier mode d’emploi à destination de la maîtrise d’ouvrage,
qui a été un outil largement apprécié en Alsace et dans toute la
France.
Cette dynamique a
malheureusement été freinée et de nouvelles orientations, beaucoup plus
restrictives, ont été adoptées en 2001. La HQE alsacienne s’est limitée
à la filière bois, à la réhabilitation des corps de ferme et au solaire.
Et veut s’étendre maintenant au chanvre.
L’argument avancé
est que « la mise en œuvre de la politique régionale a montré ses
limites dans la mesure où la notion même de surcôut est très difficile à
appréhender ».(p. 25)
Il est vrai qu’il
est apparu très vite qu’une approche environnementale de la
construction et de l’urbanisme permet de passer d’une logique de surcoût
à une logique de coût global et de réintégrer au calcul économique la
maintenance. Un bâtiment, c’est 20% en investissement et 80% en
maintenance, sur une période de 50 ans. C’est une révolution culturelle
qui est engagée, et qui devrait se répandre sur l’ensemble des
constructions en mâitrise d’ouvrage publique, avec la nécessité d’une
très forte sensibilisation à établir des maîtres d’ouvrage délégués.
La HQE, c’est
également la réhabilitation des métiers du bâtiment, car c’est une
démarche positive. Le président de la Fédération Française du bâtiment
écrivait dans un article sur la HQE : « vous demandez à des maçons
qui lient des parpaings avec du ciment ce qu’il font. Le premier
répond : je cimente des parpaings, le second je monte un mur, le
troisième, je construis une cathédrale ». La démarche
environnementale permet aux compagnons, et à l’ensemble des corps de
métiers du bâtiment, de retrouver l’estime de soi. Car ils travaillent
en positf et ils ont leur place entière dans le processus. C’est donc
bien plus que de technique qu’il s’agit.
Les besoins en
sensibilisation, en formation sont immenses, et encore insuffisamment
pris en compte. Pour l’instant, en formation initiale, les écoles
d’architecture commencent à en délivrer en 4°,5° année, ce qui est un
progrès, mais c’est insuffisant ; une formation vers les architectes et
les bureaux d’étude s’est mise en place et va s’étendre aux autres
régions du Grand Est, en relation avec la Direction du Patrimoine et de
l’Architecture du Ministère de la Culture et soutenue par la Région .
Mais qu’en est-il de l’ensemble du spectre, jusqu’au tâcheron ? C’est un
plan d’action complet de formation qu’il s’agirait de développer.
La HQE prend
aussi en compte la question de la santé liée au bâtiment et à
l’intérieur des lieux de vie. Les médecins nous rendent attentifs à
l’augmentation de l’asthme et des allergies. C’est dû à des facteurs
génétiques, alimentaires, de pollution de l’air extérieur, mais amplifié
par le cocktail de polluants que nous respirons à l’intérieur. La
remédiation est possible et le Service de Pneumologie des HUS est à la
pointe au niveau national et international mais on peut aussi développer
la prévention en agissant directement sur la construction, les
équipements et les comportements.
Enfin la Région
pourrait être un merveilleux levier de sensibilisation à l’échelle de
l’Alsace, des professionnels et des particuliers, en menant des actions
d’information en direct, ou en nouant des partenariats et en soutenant
des associations qui promeuvent le développement durable et la HQE. Il
est essentiel de ne pas se limiter à de la communication mais de
toujours être très vigilant sur le fond.
Notre politique a
le mérite d’exister, mais elle est devenue frileuse. Il serait utile de
remettre en chantier, et la vice-présidente de la commission
environnement en était d’accord, un groupe de réflexion qui réunisse des
élus qui souhaitent participer, mais aussi des membres de
l’administration, tous services confondus, et des partenaires
extérieurs.
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