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16 et 17 décembre 2004

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Intervention concernant la politique HQE du Conseil régional

Intervention de Jacques Bigot (PS) préparée par Andrée Buchmann (Verts)
 

La région Alsace a été pionnière dans le domaine de la Haute Qualité environnementale et a adopté dès 1997 une politique ambitieuse et complète. Elle a fait partie de l’association nationale HQE dès la création de cette dernière et elle a sorti le premier mode d’emploi à destination de la maîtrise d’ouvrage, qui  a été un outil largement apprécié en Alsace et dans toute la France.

Cette dynamique a malheureusement été freinée et de nouvelles orientations, beaucoup plus restrictives, ont été adoptées en 2001. La HQE alsacienne s’est limitée à la filière bois, à la réhabilitation des corps de ferme et au solaire. Et veut s’étendre maintenant au chanvre.

L’argument avancé est que «  la mise en œuvre de la politique régionale a montré ses limites dans la mesure où la notion même de surcôut est très difficile à appréhender ».(p. 25)

Il est vrai qu’il est apparu très vite qu’une approche environnementale  de la construction et de l’urbanisme permet de passer d’une logique de surcoût à une logique de coût global et de réintégrer au calcul économique la maintenance. Un bâtiment, c’est 20% en investissement et 80% en maintenance, sur une période de 50 ans. C’est une révolution culturelle qui est engagée, et qui devrait se répandre sur l’ensemble des constructions en mâitrise d’ouvrage publique, avec  la nécessité d’une très forte sensibilisation à établir des maîtres d’ouvrage délégués.

La HQE, c’est également la réhabilitation des métiers du bâtiment, car c’est une démarche positive. Le président de la Fédération Française du bâtiment écrivait dans un article sur la HQE : «  vous demandez à des maçons qui lient des parpaings avec du ciment ce qu’il font. Le premier répond : je cimente des parpaings, le second je monte un mur, le troisième, je construis une cathédrale ». La démarche environnementale permet aux compagnons, et à l’ensemble des corps de métiers du bâtiment, de retrouver l’estime de soi. Car ils travaillent en positf et ils ont leur place entière dans le processus. C’est donc bien plus que de technique qu’il s’agit.

 Les besoins en sensibilisation, en formation sont immenses, et encore insuffisamment pris en compte. Pour l’instant, en formation initiale, les écoles d’architecture commencent à en délivrer en 4°,5° année, ce qui est un progrès, mais c’est insuffisant ; une formation  vers les architectes et les bureaux d’étude s’est mise en place et va s’étendre aux autres régions du Grand Est, en relation avec la Direction du Patrimoine et de l’Architecture du Ministère de la Culture et soutenue par la Région . Mais qu’en est-il de l’ensemble du spectre, jusqu’au tâcheron ? C’est un plan d’action complet de formation qu’il s’agirait de développer.

La HQE prend aussi en compte la question de la santé liée au bâtiment et à l’intérieur des lieux de vie. Les médecins nous  rendent attentifs à l’augmentation de l’asthme et des allergies. C’est dû à des facteurs génétiques, alimentaires, de pollution de l’air extérieur, mais amplifié par le cocktail de polluants que nous respirons à l’intérieur. La remédiation est possible et le Service de Pneumologie des HUS est à la pointe au niveau national et international mais on peut aussi développer la prévention en agissant directement sur la construction, les équipements et les comportements.

Enfin la Région pourrait être un merveilleux levier de sensibilisation à l’échelle de l’Alsace, des professionnels et des particuliers, en menant des actions d’information en direct, ou en nouant des partenariats et en soutenant des associations qui promeuvent le développement durable et la HQE. Il est essentiel de ne pas se limiter à de la communication mais de toujours être très vigilant sur le fond.

Notre politique a le mérite d’exister, mais elle est devenue frileuse. Il serait utile de remettre en chantier, et la vice-présidente de la commission environnement en était d’accord, un groupe de réflexion qui réunisse des élus qui souhaitent participer, mais aussi des membres de l’administration, tous services confondus, et des partenaires extérieurs.