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Intervention concernant la 4° commission -
Enseignement Langue et culture régionales
Intervention d'Andrée Buchmann
Le Conseil régional a engagé en 1992, dans un contexte qui n’a pas
toujours été facile, une politique ambitieuse en faveur des classes
bilingues paritaires, de la maternelle au secondaire.
Malheureusement,
malgré ces efforts, la situation continue de se dégrader et l’Alsace
perd de 15 à 17 000 locuteurs bilingues par an., contrairement au Pays
Basque ou à la Bretagne où la transmission familiale reprend, épaulant
ainsi la transmission scolaire et permettant une stabilisation du
phénomène.
Il manque à
l’Alsace une véritable politique linguistique, qui ne concerne pas
seulement le dialecte mais aussi l’allemand comme langue régionale et
langue nationale de proximité.
François Fillon,
ministre de l’Education nationale, rappelle dans un entretien à la revue
« Paris-Berlin » n°3 de décembre 2004, que la France et l’Allemagne sont
les premiers partenaires commerciaux, mais qu’il manque des personnes
qualifiées pour travailler dans des sociétés implantées dans les deux
pays. Je cite « on sait avec certitude que les candidats à l’emploi
qui se présentent à un entretien d’embauche, quel qu’il soit, avec
l’allemand comme deuxième langue, sont largement privilégiés. D’abord
parce qu’ils se distinguent de la grande majorité des élèves qui ont
choisi l’anglais et l’espagnol, mais aussi parce qu’on pense, à tort ou
à raison, que ce sont des candidats plus rigoureux que les autres ».
Ce qui explique aussi que les classes privilégiées, notamment l’élite
parisienne, poussent leurs enfants à choisir l’allemand en deuxième
langue et l’anglais seulement en troisième.
En Alsace nous
pouvions offrir cette possibilité à une large partie de la population,
dans une approche démocratique. Et c’est l’ambition des classes
paritaires bilingues.
Je ne vais pas
revenir sur les réticences de certains enseignants et le manque de
dynamisme de l’Education Nationale, néanmoins quand des parents de
milieu populaire choisissent en 6° l’anglais pour des enfants issus de
classes primaires bilingues, on ne peut que constater un échec lié à un
déficit d’information. Ou comme à Seppois-le-Bas, contre l’avis du
maire, l’Education Nationale refuse d’ouvrir une classe et que 25
enfants doivent se rendre quotidiennement à Altkirch, on ne peut que
protester contre cette absurdité.
Dans un contexte si
tendu du point de vue de l’emploi, dans une région trinationale où l’on
doit obligatoirement réfléchir le développement économique dans une
approche transfrontalière, nous devons adopter une politique bilingue
plus ambitieuse. Pour trouver du travail, les statistiques donnent
d’abord l’allemand comme très utile, puis l’alsacien, puis l’anglais.
De plus, dans les
recrutements, ce sont de moins en moins souvent des alsaciens qui sont
sélectionnés, car leurs compétences en allemand sont souvent trop
faibles ou inexistantes. Mais des personnes, pour des programmes
transfrontaliers par exemple, qui viennent d’ autres pays ou d’autres
régions de France.
C’est bien un
dispositif global qu’il s’agit de mettre en place, en formation
initiale, en formation complémentaire et un travail de fond sur
l’environnement culturel.
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Refuser que dans notre vallée, l’anglais devienne la
langue de communication entre Suisses, allemands et français, comme par
ex la publication de Biovalley, structure que nous finançons
grassement, qui vient de nous être adressée et qui est en anglais.
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Faire en sorte que des opérations culturelles que nous
lançons, comme les Noelies, promeuvent aussi le bilinguisme. Beaucoup
de chants de l’Avent, et de chants de Noël, même dans des familles non
dialectophones, sont chantés en allemand.
En conclusion, dans
un marché du travail très serré et dans une grande région à triple
nationalité, le bilinguisme français- allemand est un atout à développer
encore plus.
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