Séance plénière
16 et 17 décembre 2004

Séance budgétaire

   Les conseillers régionaux
 Accueil

 Interventions publiques
 Agenda
 Dossiers
 Intergroupe PS-Verts
 Liens
 Contacts
 Le Blog
 Rechercher sur le site
 
           
     

Intervention concernant la 4° commission - Enseignement Langue et culture régionales

Intervention d'Andrée Buchmann


Le Conseil régional a engagé en 1992, dans un contexte qui n’a pas toujours été facile, une politique ambitieuse en faveur des classes bilingues paritaires, de la maternelle au secondaire.

Malheureusement, malgré ces efforts, la situation continue de se dégrader  et l’Alsace perd de 15 à 17 000 locuteurs bilingues par an.,  contrairement au Pays Basque ou à la Bretagne  où la transmission familiale reprend, épaulant ainsi la transmission scolaire et permettant une stabilisation du phénomène.

Il  manque à l’Alsace une véritable politique linguistique, qui ne concerne pas seulement le dialecte mais aussi l’allemand comme langue régionale et langue nationale de proximité.

François Fillon, ministre de l’Education nationale, rappelle dans un entretien à la revue « Paris-Berlin » n°3 de décembre 2004, que la France et l’Allemagne sont les premiers partenaires commerciaux, mais qu’il manque des personnes qualifiées pour travailler dans des sociétés implantées dans les deux pays. Je cite «  on sait avec certitude que les candidats à l’emploi qui se présentent à un entretien d’embauche, quel qu’il soit, avec l’allemand comme deuxième langue, sont largement privilégiés. D’abord parce qu’ils se distinguent de la grande majorité des élèves qui ont choisi l’anglais et l’espagnol, mais aussi parce qu’on pense, à tort ou à raison, que ce sont des candidats plus rigoureux que les autres ». Ce qui explique aussi que les classes privilégiées, notamment l’élite parisienne, poussent leurs enfants à choisir l’allemand en deuxième langue et l’anglais seulement en troisième.  

En Alsace nous pouvions offrir cette possibilité à une large partie de la population, dans une approche démocratique. Et c’est l’ambition des classes paritaires bilingues.

Je ne vais pas revenir sur les réticences de certains enseignants et le manque de dynamisme de l’Education Nationale, néanmoins quand des parents de milieu populaire choisissent en 6° l’anglais pour des enfants issus de classes primaires bilingues, on ne peut que constater un échec lié à un déficit  d’information. Ou comme à Seppois-le-Bas, contre l’avis du maire, l’Education Nationale refuse d’ouvrir une classe et que 25 enfants doivent se rendre quotidiennement à Altkirch, on ne peut que protester contre cette absurdité.

Dans un contexte si tendu du point de vue de l’emploi, dans une région trinationale où l’on doit obligatoirement réfléchir le développement économique dans une approche transfrontalière, nous devons adopter une politique bilingue plus ambitieuse. Pour trouver du travail, les statistiques donnent d’abord l’allemand comme  très utile, puis l’alsacien, puis l’anglais.

De plus, dans les recrutements, ce sont de moins en moins souvent des alsaciens qui sont sélectionnés, car leurs compétences en allemand sont souvent  trop faibles ou inexistantes. Mais des personnes, pour des programmes transfrontaliers par exemple, qui viennent d’ autres pays ou d’autres régions de France.

C’est bien un dispositif global qu’il s’agit de mettre en place, en formation initiale, en formation complémentaire et un travail de fond sur l’environnement culturel.

-         Refuser que dans notre vallée, l’anglais devienne la langue de communication entre Suisses, allemands et français, comme par ex la publication de Biovalley, structure que nous finançons grassement,  qui vient de  nous être adressée et qui est en anglais.

-          Faire en sorte que des opérations culturelles que nous lançons, comme les Noelies,  promeuvent aussi le bilinguisme. Beaucoup de chants de l’Avent, et de chants de Noël, même dans des familles non dialectophones, sont chantés en allemand.

En conclusion, dans un marché du travail très serré et dans une grande région à triple nationalité, le bilinguisme français- allemand est un atout à développer encore plus.