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Intervention de Philippe Carbiener
Rapport d'activité des Services de l'État en Région
(questions au préfet d'Alsace)
J’aimerais interpeller monsieur le Préfet de Région en tant que Vert et au
nom de l’intergroupe sur un problème qui apparaît aujourd’hui crucial, celui
de l’énergie, avec l’augmentation des prix qui sera durable, la phase
décroissante des extractions pétrolières, qu’on appelle la
«
déplétion
»,
les menaces terroristes
sur les approvisionnements en pétrole et, le plus inquiétant, sur les
installations nucléaires. Une situation qui devrait contraindre le
gouvernement à mettre en place des outils d’intelligence écologique et
économique, à prendre conscience des enjeux. li nous faut élaborer des
solutions, à définir une politique volontariste de longue haleine par
rapport à un problème structurel.
Or, face à ce problème, le Gouvernement réagit en ordre dispersé, de manière
conjoncturelle, mollement, dans l’improvisation générale comme en témoigne
la réactivation soudaine, dans la confusion la plus totale, de la chasse au
gaspi.
Cette attitude
lamentable démontre l’inaptitude du Gouvernement à saisir la dimension des
problèmes et son incapacité à vouloir et à définir une politique adaptée.
On réalise, à la lumière de cet exemple, que le discours libéral du
Gouvernement camoufle une incapacité gestionnaire à concevoir et à mener des
politiques publiques adéquates. Ici comme dans d’autres domaines, ce sont
finalement les collectivités territoriales qui se retrouvent en première
ligne.
Les budgets de I’ADEME
déjà très faibles et orientés vers des politiques très précises des déchets,
des énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie, seront réduits de 40 %
en 2005 d’après les prévisions, après avoir été amputés de 30 % cette année,
pour atteindre un niveau où l’ADEME ne pourra plus maintenir ses missions:
163 MEUR, montant absolument dérisoire alors que déjà, aujourd’hui, les
budgets pour le solaire, par exemple, sont 15 fois moindres en France qu’en
Al!emagne et que les budgets publics directement affectés au nucléaire, par
le même projet de budget, sont quatre fois plus élevés.
Les finances publiques sont sciemment dégradées par cette politique
libérale. L’essor des énergies renouvelables et une esquisse de politique de
maîtrise de l’énergie en région sont brisés puisqu’une part essentielle du
plan de financement des énergies renouvelables manquera.
De surcroît le climat risque de s’aggraver avec des phénomènes de
rétro-action positive que l’on organise.
Monsieur le Préfet, dans ce contexte :
Comment poursuivre une politique régionale de développement des énergies
renouvelables?
Comment consolider, dans ces conditions, des filières économiques qui ont
tardé à émerger?
La Région Alsace, comme les autres Régions, doit-elle abandonner sa
politique en cette matière?
Et, sinon, comment les financer de manière réaliste à l’échelon régional?
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