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Intervention de Djamila Sonzogni
Monsieur le président
Chers collègues
Je voudrais vous interpeller au sujet d’une question qui
pourrait ne pas être sans conséquence sur le budget 2005 de la Région
Alsace.
Alors que l'Etat nous abreuve de son nouveau plan de Cohésion
sociale, il décide en catimini de ne plus soutenir financièrement le
dispositif « Nouveaux services, Emplois jeunes » dès 2005 pour les
associations ayant effectué un premier recrutement en 2000 et qui au terme
des cinq ans n’ont pu acquérir leur autonomie financière.
Ces aides complémentaires (d’une durée de trois ans et d’un
montant inférieur à l’aide initiale et qui font l’objet d’une instruction
par les Directions Départementales du Travail, de l'Emploi et de la
Formation) permettent à ces associations employant des « emplois jeunes » en
CDI, de consolider leur budget et de trouver de nouvelles pistes de
financement afin de parvenir au bout des huit années, à pérenniser
définitivement ces emplois utiles à tous.
La Région intervient depuis quatre ans dans l'accompagnement
des jeunes salariés vers une professionnalisation et une reconnaissance de
leurs activités tout en soutenant les associations à la créations d’emplois
permanents.
Depuis un an (septembre 2003), elle complète l’aide de l’Etat
à la pérennisation de ces emplois à travers l’ARPEJ (Aide Régionale à la
Pérennisation d’Emplois-Jeunes) d’abord par une aide pour les associations
désireuses de proposer un CDI au bout des cinq en Contrat Emploi jeune et
depuis juin 2004 pour les associations qui avaient choisi de faire des CDI
dès l’origine et qui souhaitaient à l’issue de l’aide initiale de cinq ans,
pérenniser ces contrats.
En Alsace, en 2005, cette mesure concernera entre 100 et 200
associations (70 dans le 68 et 175 dans le 67) et un peu plus de 200 jeunes,
qui devront faire face à cette remise en question par l'Etat des conventions
pluriannuelles.
Au total, sur les trois prochaines années, ce sont 400 postes
en CDI sur le Bas-Rhin et environ 250 sur le Haut-Rhin qui sont menacés.
Que ce soit dans le secteur de l'éducation à l'environnement,
l'insertion par l'activité économique, l'apprentissage de la langue
française, la culture... la plupart de ces associations n'auraient pas pu
réaliser leur travail remarquable sans ces emplois-jeunes.
Tous ces secteurs, de part leurs compétences, concernent
directement la politique régionale.
Quel va être pour ces activités, l'impact du désengagement
précoce et inattendu de l'Etat ?
Déjà, plusieurs associations ont interpellé les pouvoirs
publics sur les conséquences d’une telle décision et prédisent le
licenciement de plusieurs emplois, fautes de moyens.
La Région va-t-elle suivre aussi cette voie en supprimant l’ARPEJ ?
La région par la voix de son président et de tous ses élus
doit interpeller fortement l'Etat pour qu'il surseoit à cette décision .
Comment la Région compte-t-elle maintenir la cohérence et
l'efficacité de son soutien à ces emplois dans le contexte très probable de
désengagement scandaleux de l'Etat ?
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