Séance plénière du 22 octobre 2004

 
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Intervention de Jacques Fernique


Depuis 2003, on ne peut plus vraiment dire que ce soit la Région qui fasse le budget de chaque lycée puisque une bonne part des crédits comme cela a été rappelé ne sont plus affectés d’autorité à des usages précis. C’est incontestablement une bonne évolution que nous saluons.

Nous n’avons d’ailleurs pas d’opposition majeure vis-à-vis de ce rapport. Juste deux préoccupations que nous aimerions développer.

 

D’abord un problème important qui n’a toujours pas trouvé de solution vraiment satisfaisante. Il s’agit de la maîtrise des consommations en énergie. Notre système de dotation en effet n’encourage pas vraiment à un usage des locaux réducteur des gaspillages. C’est particulièrement regrettable car nous sommes dans des lieux d’éducation, c’est particulièrement coûteux dans un contexte où les prix des hydrocarbures s’adaptent dorénavant et de façon durable à la fin imminente d’un monde au pétrole bon marché.

La possibilité de transférer vers d’autres chapitres les économies réalisées sur la facture énergétique est en quelque sorte annulée par la règle qui fixe la dotation prochaine sur la moyenne des consommations des trois dernières années, les hausses de consommation n’étant régulées que par une franchise de 5% à financer par les réserves de l’établissement. Peut être serait-il temps d’effectuer méthodiquement pour l’ensemble des lycées de la Région des diagnostics énergétiques précis selon la nature des locaux, de façon à pouvoir fixer en concertation avec les établissements des objectifs indicatifs de consommation raisonnable. C’est somme toute le type de démarche que nombre d’entre nous  se sont engagés à entreprendre quand ils ont signé il y a maintenant 2 ans l’appel des élus pour la réduction des contributions à l’effet de serre initié par le président Richert. Cette Déclaration dite de Strasbourg incluait des efforts méthodiques de gestion énergétique des bâtiments publics et de maîtrise de la demande d’électricité. Un telle démarche au niveau de nos lycées pourrait être la base d’une campagne de sensibilisation et d’actions pour les économies d’énergies qui trouverait sans nul doute des applications pédagogiques concrètes.

 

Une autre préoccupation importante, c’est le coût des travaux d’entretien et les conditions dans lesquels ils s’effectuent. Si les enseignants et les lycéens constatent tous le remarquable effort d’informatisation et de mise en réseau des lycées, par contre chacun peut constater que l’entretien et la maintenance de ces équipements s’avèrent non seulement très coûteux mais aussi largement déficient du fait du net désengagement de l’Etat en moyens humains. Ce mécanisme qui alimente la facture de la Région joue de façon générale. Les multiples contrats d’entretien passés avec le secteur privé (installations électriques, chauffage, dispositifs de sécurité, machines et j’en passe) à des coûts souvent disproportionnés seraient sûrement moins nombreux si l’Alsace n’était pas parmi les 3 dernières académies pour le nombre de personnels administratif et technique rapporté au nombre d’élèves (32,5 pour 1000 élèves contre 50 à Clermont-ferrand). L’Etat a laissé se dégrader particulièrement en Alsace l’encadrement en personnels Techniciens, ouvriers et de Service, c’est en quelque sorte la Région qui compense en payant une lourde facture pour les travaux d’entretien urgent et les contrats avec le privé. La Région va engager dans des conditions difficiles le transfert de ces personnels puisque l’Etat ne nous livre pas un dispositif à la hauteur des besoins. Aujourd’hui dans nos lycées, la disparition des emplois-jeunes rend par exemple particulièrement criant le manque d’Ouvriers Professionnels assurant la petite maintenance pour l’informatique, c’est l’efficacité de notre effort d’équipement qui s’en trouve compromis. Une suggestion pour réduire à court terme les coûts de ses contrats d’entretien : assurer un service d’aide et de conseils aux établissements pour négocier de meilleurs tarifs, inciter à une meilleure mutualisation en développant les groupements d’achat.

 

Voilà les deux remarques que nous tenions à faire dans ce débat.

 

De façon générale les principes qui président à cette dotation nous paraissent satisfaisants, ils ont été affinés au fil des ans en concertation avec les Lycées et permettent d’assurer correctement ce qui relève de la Région. Nous voterons donc ce rapport.