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Intervention de Jacques Fernique
Depuis 2003, on ne peut plus vraiment dire que ce soit la
Région qui fasse le budget de chaque lycée puisque une bonne part des
crédits comme cela a été rappelé ne sont plus affectés d’autorité à des
usages précis. C’est incontestablement une bonne évolution que nous saluons.
Nous n’avons d’ailleurs pas d’opposition majeure vis-à-vis de
ce rapport. Juste deux préoccupations que nous aimerions développer.
D’abord un problème important qui n’a toujours pas trouvé de
solution vraiment satisfaisante. Il s’agit de la maîtrise des consommations
en énergie. Notre système de dotation en effet n’encourage pas vraiment à un
usage des locaux réducteur des gaspillages. C’est particulièrement
regrettable car nous sommes dans des lieux d’éducation, c’est
particulièrement coûteux dans un contexte où les prix des hydrocarbures
s’adaptent dorénavant et de façon durable à la fin imminente d’un monde au
pétrole bon marché.
La possibilité de transférer vers d’autres chapitres les
économies réalisées sur la facture énergétique est en quelque sorte annulée
par la règle qui fixe la dotation prochaine sur la moyenne des consommations
des trois dernières années, les hausses de consommation n’étant régulées que
par une franchise de 5% à financer par les réserves de l’établissement. Peut
être serait-il temps d’effectuer méthodiquement pour l’ensemble des lycées
de la Région des diagnostics énergétiques précis selon la nature des locaux,
de façon à pouvoir fixer en concertation avec les établissements des
objectifs indicatifs de consommation raisonnable. C’est somme toute le type
de démarche que nombre d’entre nous se sont engagés à entreprendre quand
ils ont signé il y a maintenant 2 ans l’appel des élus pour la réduction des
contributions à l’effet de serre initié par le président Richert. Cette
Déclaration dite de Strasbourg incluait des efforts méthodiques de gestion
énergétique des bâtiments publics et de maîtrise de la demande
d’électricité. Un telle démarche au niveau de nos lycées pourrait être la
base d’une campagne de sensibilisation et d’actions pour les économies
d’énergies qui trouverait sans nul doute des applications pédagogiques
concrètes.
Une autre préoccupation importante, c’est le coût des travaux
d’entretien et les conditions dans lesquels ils s’effectuent. Si les
enseignants et les lycéens constatent tous le remarquable effort
d’informatisation et de mise en réseau des lycées, par contre chacun peut
constater que l’entretien et la maintenance de ces équipements s’avèrent non
seulement très coûteux mais aussi largement déficient du fait du net
désengagement de l’Etat en moyens humains. Ce mécanisme qui alimente la
facture de la Région joue de façon générale. Les multiples contrats
d’entretien passés avec le secteur privé (installations électriques,
chauffage, dispositifs de sécurité, machines et j’en passe) à des coûts
souvent disproportionnés seraient sûrement moins nombreux si l’Alsace
n’était pas parmi les 3 dernières académies pour le nombre de personnels
administratif et technique rapporté au nombre d’élèves (32,5 pour 1000
élèves contre 50 à Clermont-ferrand). L’Etat a laissé se dégrader
particulièrement en Alsace l’encadrement en personnels Techniciens, ouvriers
et de Service, c’est en quelque sorte la Région qui compense en payant une
lourde facture pour les travaux d’entretien urgent et les contrats avec le
privé. La Région va engager dans des conditions difficiles le transfert de
ces personnels puisque l’Etat ne nous livre pas un dispositif à la hauteur
des besoins. Aujourd’hui dans nos lycées, la disparition des emplois-jeunes
rend par exemple particulièrement criant le manque d’Ouvriers Professionnels
assurant la petite maintenance pour l’informatique, c’est l’efficacité de
notre effort d’équipement qui s’en trouve compromis. Une suggestion pour
réduire à court terme les coûts de ses contrats d’entretien : assurer un
service d’aide et de conseils aux établissements pour négocier de meilleurs
tarifs, inciter à une meilleure mutualisation en développant les groupements
d’achat.
Voilà les deux remarques que nous tenions à faire dans ce
débat.
De façon générale les principes qui président à cette
dotation nous paraissent satisfaisants, ils ont été affinés au fil des ans
en concertation avec les Lycées et permettent d’assurer correctement ce qui
relève de la Région. Nous voterons donc ce rapport.
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