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Intervention de Andrée Buchmann
Monsieur le Président,
Nous approuvons bien sûr ce rapport et nous soutenons les
efforts réalisés par la Région dans le domaine de la promotion des énergies
renouvelables.
J’aimerais néanmoins, faire quelques remarques concernant les
questions énergétiques. Vous avez souligné dans votre intervention
budgétaire les limites de mesures que nous pouvons prendre sur nos moyens
budgétaires propres.
Néanmoins l’énergie sera de plus en plus chère, le gaz et
l’électricité vont augmenter sous peu, et le prix du baril de pétrole ne
baissera certainement plus jamais de beaucoup, même après les élections
américaines.
De surcroît le fait que la demande en consommation de pétrole
sera bientôt supérieure à l’offre et continuera de croître (ce qui s’appelle
en terme technique la déplétion), notamment par défaut d’anticipation et
d’engagement dans les stratégies de réduction des besoins énergétiques et de
mise en œuvre d’énergies alternatives.
La France s’engage à nouveau, sous la pression de l’opaque
lobby électro-nucléaire, dans la priorisation du nucléaire qui est une
énergie chère (le programme coûtera 40 milliards d’euros), le prix du kwh ne
tient compte ni de la recherche nucléaire, ni de la construction, ni de
l’entretien, ni du retraitement, ni du démantèlement, ni des déchets, ni des
coûts militaires et policiers, ni de l’assurance des territoires menacés,
assurance qui n’existe pas. Les coûts réels sont transférés vers d’autres
secteurs.
L’Etat passe en force, impose l’EPR (Réacteur à eau
pressurisé européen) en débutant par une région déjà sous perfusion de
l’atome et hypothèque la recherche et les investissements dans les autres
secteurs, comme les énergies renouvelables, où la France accuse déjà un
retard inquiétant.
Preuve en est le retrait progressif de l’ADEME (bras armé de
l’Etat dans le domaine de l’environnement et de l’énergie), de
l’investissement dans le domaine des ENR, notamment du solaire thermique et
la nécessité à laquelle nous sommes confrontés de trouver des palliatifs,
comme la convention avec les Banques. Un prêt à taux 0 %, un crédit d’impôts
sont des mesures beaucoup plus difficiles pour les particuliers, qu’une
subvention assistée à l’investissement, à un moment où la dépense est déjà
élevée pour un ménage.
Nous accompagnons volontiers la politique de la Région de se
substituer au désengagement de l’Etat, de promouvoir les énergies
renouvelables, mais cette politique n’a pas tout son sens si nous ne mettons
pas en œuvre une politique réelle de réduction des besoins en énergie au
niveau structurel, tout en augmentant le confort.
Or, l’Alsace est en train, avec l’appui du Conseil régional,
de se transformer en LAS VEGAS, avec l’éclairage nocturne systématique des
villages et des monuments.
C’est la Région qui finance la verrière climatisée de la
gare ; encore une fois gaspillage d’énergie.
Je ne vais pas tout lister, ni m’étendre ici sur le Grand
Contournement Ouest, qui serait un équipement générateur de pollution
dévoreur d’espace (l’équivalent d’un ban communal) et qui incite à la
consommation énergétique.
Il me paraît qu’il y a une contradiction entre l’affichage et
la réalité des choix proposés. Une vraie politique dans le domaine de
l’énergie nécessite une stratégie de :
-
maîtrise de
l’énergie,
-
efficacité
énergétique,
et c’est seulement ainsi que les énergies renouvelables ont
un intérêt.
Je réitère donc la demande de création d’une Agence Régionale
de l’Energie pour nous permettre de mettre en œuvre une politique
énergétique efficace.
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