Séance plénière du 22 octobre 2004

 
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Intervention de Andrée Buchmann

 

Monsieur le Président,

 

Nous approuvons bien sûr ce rapport et nous soutenons les efforts réalisés par la Région dans le domaine de la promotion des énergies renouvelables.

 

J’aimerais néanmoins, faire quelques remarques concernant les questions énergétiques. Vous avez souligné dans votre intervention budgétaire les limites de mesures que nous pouvons prendre sur nos moyens budgétaires propres.

 

Néanmoins l’énergie sera de plus en plus chère, le gaz et l’électricité vont augmenter sous peu, et le prix du baril de pétrole ne baissera certainement plus jamais de beaucoup, même après les élections américaines.

 

De surcroît le fait que la demande en consommation de pétrole sera bientôt supérieure à l’offre et continuera de croître (ce qui s’appelle en terme technique la déplétion), notamment par défaut d’anticipation et d’engagement dans les stratégies de réduction des besoins énergétiques et de mise en œuvre d’énergies alternatives.

 

La France s’engage à nouveau, sous la pression de l’opaque lobby électro-nucléaire, dans la priorisation du nucléaire qui est une énergie chère (le programme coûtera 40 milliards d’euros), le prix du kwh ne tient compte ni de la recherche nucléaire, ni de la construction, ni de l’entretien, ni du retraitement, ni du démantèlement, ni des déchets, ni des coûts militaires et policiers, ni de l’assurance des territoires menacés, assurance qui n’existe pas. Les coûts réels sont transférés vers d’autres secteurs.

 

L’Etat passe en force, impose l’EPR (Réacteur à eau pressurisé européen) en débutant par une région déjà sous perfusion de l’atome et hypothèque la recherche et les investissements dans les autres secteurs, comme les énergies renouvelables, où la France accuse déjà un retard inquiétant.

 

Preuve en est le retrait progressif de l’ADEME (bras armé de l’Etat dans le domaine de l’environnement et de l’énergie), de l’investissement dans le domaine des ENR, notamment du solaire thermique et la nécessité à laquelle nous sommes confrontés de trouver des palliatifs, comme la convention avec les Banques. Un prêt à taux 0 %, un crédit d’impôts sont des mesures beaucoup plus difficiles pour les particuliers, qu’une subvention assistée à l’investissement, à un moment où la dépense est déjà élevée pour un ménage.

 

Nous accompagnons volontiers la politique de la Région de se substituer au désengagement de l’Etat, de promouvoir les énergies renouvelables, mais cette politique n’a pas tout son sens si nous ne mettons pas en œuvre une politique réelle de réduction des besoins en énergie au niveau structurel, tout en augmentant le confort.

 

Or, l’Alsace est en train, avec l’appui du Conseil régional, de se transformer en LAS VEGAS, avec l’éclairage nocturne systématique des villages et des monuments.

 

C’est la Région qui finance la verrière climatisée de la gare ; encore une fois gaspillage d’énergie.

 

Je ne vais pas tout lister, ni m’étendre ici sur le Grand Contournement Ouest, qui serait un équipement générateur de pollution dévoreur d’espace (l’équivalent d’un ban communal) et qui incite à la consommation énergétique.

 

Il me paraît qu’il y a une contradiction entre l’affichage et la réalité des choix proposés. Une vraie politique dans le domaine de l’énergie nécessite une stratégie de :

 

-         maîtrise de l’énergie,

-         efficacité énergétique,

et c’est seulement ainsi que les énergies renouvelables ont un intérêt.

 

Je réitère donc la demande de création d’une Agence Régionale de l’Energie pour nous permettre de mettre en œuvre une politique énergétique efficace.