Pour un Plan Énergie pour l'Alsace

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En dépit du contexte international difficile et des fluctuations des marchés d’hydrocarbures, il n’y a toujours aucune maîtrise de l’énergie, au niveau local, en Alsace. La consommation d’énergie, qui n’a cessé de croître en Alsace, continue à dériver. La consommation totale d’énergie est passée de 5790 Ktep (Kilotonne équivalent pétrole*) en 1990 à 6897 en Ktep en 1997 (augmentation de +20 %) tandis que la consommation d’électricité est passée de 10382 GWh en 1990 à 12850 GWh en 1997 (chiffres les plus récents), soit une augmentation de +23%. Ainsi, la part relative des énergies renouvelables dans le bilan de cette consommation est en baisse.

Évolution de la consommation
d’énergie finale en Alsace (en Ktep)

Guide 2004 de l’énergie en Alsace, DRIRE Alsace

Alors que les experts insistent sur la notion de temps et sur l’impact à long terme des décisions prises aujourd’hui, aucune réaction d’envergure des pouvoirs publics régionaux ne vient tenter d’inverser la tendance actuelle.

En effet, les perspectives à l’horizon 2050 dessinent une augmentation de la consommation d’énergie de +20% avec un scénario tendanciel. Avec un “scénario environnemental”, cette augmentation serait tout de même encore de +15%.

Évolution tendancielle des consommations
par secteur d’activité (Ktep)

Évolution environnementale des consommations
par secteur d’activité (Ktep)

source : L’énergie en Alsace de 2000 à 2020, chiffres et perspectives,
ADEME, Région Alsace, DRIRE Alsace

De telles perspectives invitent dès lors à un certain pessimisme.

Nous constatons ainsi une absence de maîtrise de la consommation d’énergie sur le territoire alsacien, impliquant une inquiétante vulnérabilité de la région Alsace face aux risques économiques et écologiques. Les premiers sont liés à l’augmentation du prix des hydrocarbures, à celle prochaine des tarifs d’électricité et à la dépendance aux aléas potentiels d’une fourniture d’électricité issue d’une centrale nucléaire âgée. Les seconds découlent d’une pollution croissante issue de la consommation d’énergie : dégradation de la qualité de l’air, dissémination radioactive, artificialisation périlleuse du Rhin.

Cette situation signale l’échec fonctionnel des politiques menées et singulièrement le peu de résultats des dispositifs mis en place par la Région Alsace. Pourtant, sur une question économique, écologique et sociale majeure, ce constat exige une réaction qui, à nos yeux, compte tenu du défaussement de l’Etat, incombe à l’institution régionale. Par conséquent, c’est en nous appropriant toute la latitude que nous donne l’esprit de la décentralisation que nous avons élaboré le plan d’action présenté ci-après. Il constitue un projet de territoire de premier ordre pour l’Alsace.