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Développer une vraie politique territoriale de maîtrise de l’énergie en
faisant de l’Alsace une Région “négawatt*” pilote
¸
Faire de l’énergie un vecteur de développement économique régional
2.1. Maîtrise des risques
Une telle politique vise tout d’abord à réduire
les nuisances environnementales : pollution de l’air, dissémination
radioactive, changement climatique, dévitalisation des milieux fluviaux,
dégradation des paysages dû au renforcement des lignes électriques…
Il s’agit aussi de réduire la vulnérabilité
économique et assurer la sécurité dans un contexte d’instabilité de
l’offre et de hausse inéluctable des prix (déplétion pétrolière*, tensions à
venir sur le marché électrique) par une maîtrise de l’exploitation et des
consommations. Enfin, pour des raisons de sécurité et de stabilité
régionale, il est important de réduire notre dépendance au pétrole et au
nucléaire.
Cette démarche permettra d’aborder la question du
nucléaire en Alsace avec sérénité en desserrant l’étau de la contingence.
L’Alsace doit acquérir la liberté nécessaire pour être en capacité de se
poser librement la question de l’avenir de sa centrale nucléaire.
Face à ces risques, la vigilance, commande la mise
en place volontariste d’une politique de maîtrise de l’énergie.
2.2. Maîtrise de l’énergie
2.2.1. Moins consommer grâce à une maîtrise de la demande
Pour cela, il
convient de :
Ä
inciter à des choix responsables ;
Ä
développer l’efficacité énergétique* et le rendement dans la production
d’énergie finale* et les usages ;
Ä
adopter une politique des transports et des déplacements favorisant la
mobilité douce et la sobriété, diminuer la consommation énergétique de ce
secteur ;
Ä
promouvoir les économies d’énergie dans tous les secteurs. Produire ou
économiser l’énergie s’équivaut. Or, il est fort possible que les
dispositifs conduisant à des économies tangibles soient plus efficaces que
ceux en faveur des énergies renouvelables. Il est donc primordial de mettre
l’accent sur ces derniers.
La diminution de la
consommation des bâtiments résidentiels et tertiaires constituera une cible
majeure. La réglementation thermique étant trop laxiste, la Région devrait,
à l’instar de Fribourg, fixer des valeurs exigeantes. Celles-ci auraient
fonction de référence pour les maîtres d’ouvrage et de norme pour les
projets soutenus ou émanant de la Région. Un maximum de 40 W/m²/an paraît
aujourd’hui réaliste (c’est environ trois fois mieux que la réglementation
thermique 2000, à Fribourg aucun permis de construire n’est délivré au delà
de 60 W/m²/an). Les réhabilitations de bâtiments seront envisagées selon
un référentiel exigeant adapté à la diversité des situations.
2.2.2. Maîtriser la production d’énergie
En ayant pour
objectifs de :
Ä doter
l’Alsace d’un schéma de production décentralisée d’énergie en particulier
d’électricité ;
Ä
développer de manière volontariste toutes les énergies renouvelables
pertinentes en Alsace ;
Ä
favoriser une meilleure exploitation des ressources fossiles utilisées ;
Ä
mettre l’accent prioritairement sur la maîtrise de la production d’énergie
électrique, plus vulnérable, question la plus critique et la plus porteuse
d’enjeux ;
Ä
réduire les nuisances découlant de l’utilisation des énergies non
renouvelables à travers notamment la substitution de combustibles…
2.3. Un développement économique durable, vers une
“nouvelle économie”
2.3.1. Consolider l’économie en abaissant
l’intensité énergétique
Une bonne part de
l’effort de la Région en matière d’énergie, doit porter sur le développement
d’un tissu économique “durable” à faible intensité énergétique*. Il s’agit
du ratio entre la consommation intérieure brute d’énergie et le produit
intérieur brut et s’exprime en kg équivalent pétrole par milliers d’euros.
Cette intensité énergétique était par exemple, en 2001, de 119 au Japon, 189
en France, 330 aux Etats-Unis d’Amérique, et de 643 en Pologne, ce qui
signifie que, à “production de richesse” égale, le Japon utilise cinq fois
moins d’énergie que la Pologne et presque trois fois moins d’énergie que les
Etats-Unis.
Il sera nécessaire d’orienter les choix de
production et de consommation selon ce critère, mais aussi de conduire, à
travers des dispositifs de soutien, une adaptation du tissu économique à ces
nouveaux enjeux.
2.3.2. Inverser les logiques
L’impulsion régionale
doit déboucher sur de nouvelles conceptions, de nouveaux produits dans le
secteur des biens et des services conduisant à ce que les économies
d’énergie deviennent des sources de profit pour les entreprises locales.
2.3.3. Faire des thématiques de l’énergie un atout
pour le développement économique
Même à usage inchangé,
il est possible de baisser l’intensité énergétique en augmentant les
rendements. C’est la notion d’efficacité énergétique*. Il nous apparaît
pressant d’engager l’Alsace dans le pari du développement d’une économie de
la maîtrise de l’énergie axée sur le développement des énergies
renouvelables, et surtout car celui-ci est encore très peu exploité, sur le
développement de l’efficacité énergétique*.
Face à une évolution
inéluctable, dans le domaine du rendement, et contrairement, pour
l’essentiel, aux énergies renouvelables, il est encore temps pour l’Alsace
de se positionner favorablement dans cette course de vitesse. Notre Région
peut encore participer à la création de ce nouveau secteur économique et
scientifique.
La thématique de
l’énergie, loin d’être seulement un problème, peut se révéler un atout
maître, au service d’un projet économique régional majeur.
2.4. Préservation de l’intérêt public
Il est indispensable
de renforcer la crédibilité des services publics de l’énergie en leur
conférant de nouvelles missions en rapport avec le développement durable, en
favorisant l’accès de tous à l’énergie tout en incitant chacun à la
sobriété. Pour préserver ainsi l’intérêt public, il est important de
favoriser les services publics liés à l’énergie par l’investissement de
l’institution régionale dans tous les Conseils d’Administration de sociétés
de production et de distribution où cela est possible. À ce propos, le
maintien d’EDF dans le secteur public apparaît nécessaire.
2.5. Gestion interne de l’énergie au sein de la
collectivité régionale d’Alsace
La collectivité
régionale qui impulse une politique de l’énergie sur son territoire se doit
d’être exemplaire avec son administration propre. Elle pourra transformer
ses gains en maîtrise de l’énergie en autant d’avantages budgétaires. La
Région Alsace pourrait même valoriser les économies réalisées sur son
patrimoine propre (lycées en particulier) à travers des futurs
“certificats*” CO2 et d’économies d’énergie.