Communiqué de Presse du 8 septembre 2006

-

La Région Alsace assiste à la dérive de la consommation électrique

 
 Les conseillers régionaux
 Accueil

 Interventions publiques
 Agenda
 Dossiers
 Intergroupe PS-Verts
 Liens
 Contacts
 Le Blog
 Rechercher sur le site

           
     

Strasbourg, le 8 septembre 2006

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

La Région Alsace assiste
à la dérive de la consommation électrique

Sous le prétexte « d’efficacité énergétique des bâtiments », la commission permanente du 8 septembre 2006 vient de décider d’une politique énergétique nouvelle en totale rupture avec ses principes antérieurs.

En promouvant les pompes à chaleur dans l’habitat individuel par une aide directe à un distributeur d’énergie, la collectivité cautionne l’expansion d’un mode de chauffage dont l’intérêt public n’est nullement démontré.

La pompe à chaleur, en l’état actuel des techniques ne permet aucune économie en énergie primaire[1] comme l’ambitionne le programme sur l’efficacité énergétique. En revanche, elle suscite une pénétration supplémentaire de l’énergie électrique dans le secteur du chauffage.

Cette politique de communication[2] que la Région engage pour la pompe à chaleur risque donc de déboucher sur encore plus de consommation électrique en Alsace.

Les aides de la Région Alsace doivent demeurer réservées aux énergies renouvelables et aux moyens permettant la baisse de la consommation d’énergies primaires et indépendantes des distributeurs d’énergies quels qu’ils soient.

Pour l’Intergroupe PS-VERTS
Philippe CARBIENER


 

[1] Il n’est pas possible d’affirmer que la PAC, ainsi soutenue se substituera exclusivement au chauffage électrique classique. Pour les ménages les plus modestes, les aides proposées en faveur de la PAC resteront toujours largement insuffisantes pour compenser le surcoût très important par rapport au chauffage électrique par convecteurs. De fait, la PAC progressera au détriment des chaudières bois ou à condensation.
Il faut 3kw/h thermiques pour produire 1kw/h électrique, ainsi même dans le cas le plus favorable d’un rendement réel de 3, la pompe à chaleur a un rendement inférieur à une chaudière à condensation (100% contre 105%). Or la pompe à chaleur, qui se développe spontanément (2000 ont été installées en Alsace l’an dernier) progresse essentiellement au détriment des chaudières gaz, fioul ou bois.
De surcroît, les ménages équipés en PAC disposent de fait d’une climatisation dont le recours induira aussi une hausse de la consommation d’énergie estivale.

[2] Il s’agit d’une politique de communication car l’aide est adressée à un public et un secteur restreint (le collectif principalement équipé en chauffage électrique en est exclu), d’un montant faible et surtout limitée dans le temps. Ainsi, cette promotion continuera, au-delà du programme de soutien régional, à cautionner une technique dont les modes de commercialisation ne seront plus maîtrisés une fois l’opération terminée. Les systèmes d’un bon rendement ou non bénéficieront tous du même blanc-seing et il sera toujours possible de les assimiler trompeusement à une énergie renouvelable sous le vocabulaire abusif de « géothermie ».