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COMMUNIQUE DE PRESSE
NON A L'ÉTAT D'EXCEPTION !
OUI A L'URGENCE SOCIALE !
Strasbourg, le 9 novembre 2005
La révolte qui embrase les banlieues françaises depuis
plus de dix jours démontre où conduit l'échec des politiques en faveur
des quartiers défavorisés. Ce sont des années de politique centrées sur
le tout sécuritaire qui sont en cause. Le sabotage des actions de
prévention, l'asphyxie du monde associatif, la démolition de la police
de proximité, la tolérance à l'égard des discriminations quotidiennes,
notamment à l'égard des personnes étrangères ou françaises issues de
l'immigration, l'état d'une école qui ne peut réduire la ségrégation.
Ce n'est pas seulement le langage du Ministre de
l'Intérieur, ce sont les actes de l'ensemble du Gouvernement qui
relèvent d'un grand mépris pour la « France d'en bas ».
Au-delà, c'est aussi l'incapacité des gouvernements
successifs depuis des décennies à faire reculer le chômage massif,
l'explosion de la précarité, la systématisation des discriminations
racistes et territoriales, qui apparaît en pleine lumière aujourd'hui.
Les émeutes sont auto-destructrices voire suicidaires, elles nuisent
essentiellement à ceux dont elles dénoncent l'exclusion.
Mettre fin à la spirale de violence et de destruction est
vital pour l'avenir même de ceux qui se révoltent aujourd'hui. La
réponse purement policière à la protestation désespérée des exclus,
seule envisagée dimanche par le Président de la République, accentue le
sentiment d'injustice.
La décision de recourir aux lois d'exception et notamment
la mise en place du couvre feu par le Premier ministre est
disproportionnée et dangereuse et risque de nous emmener vers une
escalade des violences et représente une atteinte grave à la démocratie.
La proposition d'abaisser l'âge d'entrée en apprentissage
est complètement à contre courant de ce qu'il faudrait faire car cela va
enfoncer encore plus les jeunes en situation de précarité, les mettre
encore plus à l'écart de toute possibilité de vraie qualification et
d'emploi sans oublier que le principal problème de l'apprentissage c'est
la difficulté pour les jeunes issus de l'immigration de trouver des
employeurs.
Il n'y aura pas de retour au calme sans que la République
reconnaisse les injustices subies. Il n'y aura pas de paix sans justice,
sans révision profonde des politiques publiques qui creusent les
inégalités et les discriminations dans ce pays.
Le Groupe VERTS
du Conseil Régional d’Alsace
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